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Adaptation au changement climatique : les entreprises encouragées à se saisir du sujet

13/02/2024

Adaptation au changement climatique : les entreprises encouragées à se saisir du sujet

Le Gouvernement espère inciter les entreprises à se pencher dès à présent sur la question de l'adaptation au changement climatique.    © Naiyana

Filières économiques, organisations patronales et syndicats étaient conviés, ce jeudi, à Bercy. Objectifs : les embarquer dans la réflexion nationale en cours sur l'adaptation au changement climatique et les sensibiliser à l'importance des enjeux.

Après leurs feuilles de route en faveur de la sobriété énergétique, puis de la décarbonation de leurs activités, les filières économiques et les entreprises vont devoir ouvrir d'urgence un nouveau chantier : celui de leur adaptation au changement climatique. « Le réchauffement climatique est déjà là », répètent désormais tous azimuts le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, et celui de l'Écologie, Christophe Béchu, en énumérant ses conséquences prévisibles, voire déjà visibles, sur les activités du pays en cas d'impréparation : trains ralentis ou à l'arrêt, infrastructures électriques ou de télécommunications mises à mal, conditions de travail insupportables, entrepôts inondés, bâtiments victimes de phénomènes de retrait-gonflement de l'argile, difficultés d'accès à l'eau, chaînes logistiques perturbées, circulation fluviale entravée…

« Plus on agit tôt, mieux on résistera face au changement climatique », insiste-t-on dans l'entourage de Bruno Le Maire. Inversement, un manque d'anticipation exposerait le pays à une perte de six points de PIB à l'horizon 2050, en cas de réchauffement de 3,5 °C. Mais une maladaptation – de mauvaises solutions, au mauvais endroit, au mauvais moment – pourrait aussi se révéler contre-productive. D'où la grande campagne de sensibilisation et d'échanges lancée ce jeudi 8 février à leur intention, à Bercy, en présence des organisations syndicales et patronales, de quelques financiers, comme la Caisse des dépôts, et de représentants des filières les plus concernées : construction, tourisme, logistique, transports, énergie, eau, assurances…

De la sensibilisation à l'action

Je ne saurais trop inciter les patrons de PME, de TPE, d'entreprises de taille intermédiaire ou de très grandes entreprises à suivre l'exemple

Bruno Le Maire, ministre de l'Économie

Le Gouvernement espère les inciter à se pencher sérieusement sur cette question dès à présent, à partir de quatre grands axes : l'identification des vulnérabilités qui menacent leurs installations ; la préservation de leurs activités, par l'aménagement des conditions et des temps de travail notamment ; la résilience des chaînes d'approvisionnement et de distribution ; le développement des solutions technologiques nécessaires. Même si le terrain a déjà été défriché dans le cadre de groupes de travail et de plusieurs centaines de « chantiers », Christophe Béchu mise aussi sur leurs retours et sur leurs propositions de solutions pour mieux cerner leurs priorités, et améliorer son nouveau Plan national d'adaptation au changement climatique (Pnacc) en cours de gestion, prévu pour le mois de mars prochain.

Le Pnacc attendu pour cet été

Le troisième Plan national d'adaptation au changement climatique (Pnacc) devrait comporter une cinquantaine de mesures, dont certaines consacrées aux mondes économiques et assurantiels. Il devrait être mis en consultation, en mars prochain, puis finalisé cet été. En parallèle, Christophe Béchu a engagé le débat avec les parties prenantes, y compris les agriculteurs qu'il rencontrera au prochain Salon de l'agriculture de Paris, fin février.

Une démarche volontaire, hormis pour les entreprises publiques essentielles au fonctionnement des réseaux et des transports : SNCF, RTE et EDF notamment. Ces dernières devront rendre leur propre feuille de route « précise, détaillée, chiffrée » sur l'adaptation, avant la fin de l'année. Une attention « toute particulière » sera portée aux Outre-mer. « Je ne saurais trop inciter les patrons de PME, de TPE, d'entreprises de taille intermédiaire ou de très grandes entreprises à suivre l'exemple », précise toutefois Bruno Le Maire.

Pas de subventions mais des prêts garantis

En termes de financements, le ministre de l'Économie tient à écarter d'emblée toute ambiguïté : « il n'y aura pas d'argent du budget public. L'heure est à l'économie de la dépense publique, indique-t-il aux entrepreneurs. Donc inutile de venir toquer à la porte du ministre des Finances. Elle est fermée. » Pour les aider à préserver leurs process, leurs équipements ou leurs bâtiments, il leur promet en revanche de faciliter leurs emprunts grâce à des prêts verts garantis par l'État, jusqu'à 2 milliards d'euros : auprès de la Banque publique d'investissement dès le mois de mars, s'il dépasse 200 000 euros, auprès de leur banque dès le mois de juillet, dans le cas contraire.

Les entreprises pourront par ailleurs avoir recours aux outils de prévision et de modélisation proposés par l'Agence de la transition écologique (Ademe), Météo-France ou le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema) ainsi qu'à des accompagnements en termes de stratégie. « Toutes ne seront pas confrontées [au réchauffement] au même rythme », remarque Christophe Béchu.

Enfin, pour être validés, tous les nouveaux investissements et tous les travaux de rénovation destinés aux bâtiments de l'État, devront désormais prendre impérativement en compte le changement climatique et les nécessités de l'adaptation : travailler sur l'enveloppe du bâti, choisir des peintures claires, végétaliser les abords… Le sujet est de saison : ce matin s'est également ouvert le premier sommet européen consacré aux enjeux de l'adaptation au changement climatique sous l'égide de l'association Climate Chance dans le cadre de la présidence belge de l'Union européenne.

Nadia Gorbatko / actu-environnement

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