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ANGERS veut co-construire une métropole écologique et intelligente.

04/12/2019

ANGERS veut co-construire une métropole écologique et intelligente.

La métropole veut bâtir une smart city à la française. D'ores et déjà, son président Christophe Béchu promet qu'il n'y aura pas de hausse d'impôts.

Aller vers la transition écologique et énergétique, toutes les métropoles en rêvent, mais peu s'en donnent les moyens. Sept mois après Dijon, Angers Loire Métropole (290.000 habitants) a franchi le pas en votant, à la quasi-unanimité, le déblocage de 178 millions d'euros sur douze ans. A la suite d'un appel d'offres et d'un dialogue compétitif, c'est le groupement composé d'Engie, de Suez, de La Poste et du groupe Vyv qui a remporté le marché le 12 novembre dernier.

"Nous voulons construire le modèle du territoire intelligent à la française", explique, à La Tribune, Christophe Béchu, le président (divers droite) d'Angers Loire Métropole. La notion de territoire est plus respectueuse que celle de smart city pour les maires ruraux."

Les usages "écrits" par la population
Avec 29 communes, dont l'une comptant 124 habitants, la métropole ne veut en effet oublier personne. Dès le lendemain des élections municipales, sa population sera ainsi consultée par le mandataire qui a d'ores et déjà débloqué 35 millions d'euros pour animer des ateliers de prises de parole citoyennes. "Les usages, ce sont les associations, les entreprises et les habitants qui vont les écrire", assure le Pdg d'Engie Ineo, Yann Rolland, chargé des villes et des collectivités chez Engie Solutions. "Dès ce vendredi 22, la Connected Week va basculer en mode grand public avec une conférence de présentation officielle pour lancer le processus."

Pas de hausse des impôts
Cette accélération environnementale ne reposera pas sur une hausse des impôts, promet Christophe Béchu. Aujourd'hui, le budget annuel d'Angers Loire Métropole est de l'ordre de 600 à 650 millions d'euros, dont 150 millions d'investissement. Demain, sur les 178 millions d'euros prévus sur 12 ans, 100 serviront à financer les dépenses de fonctionnement. "On prendra 10% de notre budget d'investissement", précise l'élu local, "mais avec la volonté de réaliser des économies de fonctionnement" et de récupérer 100 millions d'euros sur la durée d'amortissement.

Concrètement, le groupement lauréat s'est engagé à réaliser des économies sur la maîtrise de l'énergie. En matière d'éclairage public par exemple, les 240.000 candélabres de la métropole vont passer au LED avec des détecteurs de présence. "Ces derniers pourront nous donner une idée de la circulation en temps réel", assure Christophe Béchu. Modifier les ampoules coûte actuellement 2 millions d'euros par an, auxquels il faut ajouter la facture d'EDF de 2,7 millions. Mais dès que l'infrastructure sera "en plein fonctionnement", elle permettra de réduire ces charges de 66% et de faire tomber ce montant à 1 million d'euros. Il s'agit aussi d'alléger de 20% les consommations énergétiques des 557 bâtiments publics.

Un hyperviseur et une maquette numérique du territoire
Dans le même esprit, les 216 parcs et jardins de la ville d'Angers vont être équipés de capteurs d'humidité. Objectif: économiser 150.000 euros d'eau potable par an, soit 30% de réduction de l'arrosage public. Toutefois, la métropole n'installera pas de capteurs dans la tête des 6.000 poteaux incendie pour y mesurer la pression de l'eau. Cela lui aurait coûté plus de 6 millions d'euros... "Il ne s'agit pas seulement d'ajouter des capteurs, mais d'améliorer la vie au quotidien. Si la transition écologique et énergétique n'est pas positive, on aura raté quelque chose", insiste Yann Rolland d'Engie Solutions.

Pour piloter tous ces changements et les rendre opérationnels dès juin 2020, la métropole va s'appuyer sur un "hyperviseur", fusion des huit centres de supervision actuels, et sur un "jumeau" numérique du territoire conçu par le mandataire. "Les données restent la propriété de la collectivité, mais nous nous appuierons sur ces outils pour la conception stratégique des services à la population", souligne le pdg. Ce dernier va en outre lancer un incubateur pour que des jeunes pousses viennent nourrir le modèle.

Source : La tribune

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