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cette hydrolienne est parvenue à exploiter les plus puissantes marées du monde

24/05/2022

cette hydrolienne est parvenue à exploiter les plus puissantes marées du monde

La mythique baie de Fundy qui sépare les provinces canadiennes de Nouvelle-Ecosse et du Nouveau-Brunswick est le siège des plus puissantes marées du globe. Jusqu’il y a peu, tous les projets visant à les exploiter pour fournir de l’énergie avaient échoué. Mais aujourd’hui, l’entreprise écossaise Sustainable Marine annonce l’injection dans le réseau électrique des premiers électrons produits par une hydrolienne flottante installée dans la baie.

La baie de Fundy est un bras de mer situé sur la côte atlantique du Canada, à l’extrémité nord du golfe du Maine, entre les provinces du Nouveau-Brunswick et de Nouvelle-Écosse. Elle a la forme d’un entonnoir de 80 à 100 km de largeur à l’entrée, se terminant en deux étroits prolongements : la baie de Chignectou et le bassin de Minas (ou bassin des Mines). Celui-ci est le siège des marées les plus extrêmes du monde, affichant un marnage[1] de 16,8 m, pour « seulement » 8 mètres dans la baie du Mont-Saint-Michel, où l’on dit que la marée monte « à la vitesse d’un cheval au galop ».

L’équivalent de mille grandes éoliennes offshore

L’énorme ressource marémotrice de la baie de Fundy – qui avec 115 milliards de tonnes d’eau entrant et sortant deux fois par jour contiendrait plus de quatre fois le débit combiné de toutes les fleuves de la planète  – permettrait, selon les estimations, d’en extraire environ 7 gigawatts (GW) d’énergie, l’équivalent, en puissance, de mille grandes éoliennes offshore.

Le Canada avait caressé le projet de fermer la baie par un barrage et d’y construire une usine marémotrice, à l’image de celle qui est située à l’embouchure de la Rance, en Bretagne. Mais les Canadiens ont observé les impacts environnementaux engendrés par un barrage similaire construit dans l’embouchure de l’Annapolis, une rivière de la Nouvelle-Ecosse qui se jette dans la baie de Fundy : érosion des berges, ensablement de la rivière, rétention de métaux lourds et de pesticides par le barrage, blocage imposé à la faune aquatique et effets sur la flore vivant dans la zone inter-marée.

Partout dans le monde, les projets de grandes centrales marémotrices qui imposeraient la fermeture de larges baies sont, les uns après les autres, remisés aux oubliettes. En cause, les problèmes rencontrés dans l’Annapolis et dans une moindre mesure dans la Rance, en Bretagne. Mais aussi la crainte d’une amplification probable des marées due à la restriction des courants que provoque le barrage. Dans la baie de Fundy, ce phénomène pourrait causer des inondations jusque sur la côte du Maine, aux Etats-Unis.

Hydroliennes flottantes

Aujourd’hui une autre technique d’exploitation de l’énergie des marées, et plus généralement des courants marins, semble plus prometteuse : les hydroliennes. Il s’agit de turbines dont les pales transforment les courants en électricité de la même manière qu’une éolienne génère de l’énergie grâce au vent. Les premières hydroliennes ont d’abord été ancrées au fond de la mer.

Dans la baie de Fundy, un essai a été tenté en 2009 lorsqu’une hydrolienne fut placée sur le plancher marin, à l’entrée du bassin de Minas. Elle a toutefois été rapidement mise en pièces par les courants rapides qui, à cet endroit, peuvent dépasser les 10 nœuds (18 km/h).

Mais une technologie alternative est apparue récemment : celle des hydroliennes flottantes. C’est la solution qu’a notamment adopté la startup écossaise Orbital Marine Power dont le modèle O2 de 2 MW, en service au large des Orcades, à 16 km des côtes de l’Ecosse, est actuellement l’hydrolienne la plus puissante du monde.

La pointe de l’Iceberg

Il y a évidemment une différence énorme entre les 0,42 MW de cette hydrolienne et la capacité qui serait nécessaire pour éliminer le charbon. Mais l’intérêt du concept de Sustainable Marine réside dans la possibilité d’accoupler plusieurs plateformes et de construire ainsi une centrale plus puissante.

L’hydrolienne qui se trouve actuellement à Grand Passage va subir une série de tests pour valider la technologie. Elle remontera ensuite vers le nord, dans le bassin de Midas, là où le courant de marée est le plus puissant. Elle y sera raccordée à deux autres plateforme identique pour générer une capacité de 1,26 MW. « Mais ce n’est là que la pointe de l’iceberg » précise Jason Hayman qui prévoit que des centrales flottantes de ce type, disséminées le long des côtes de la baie pourront produire à l’avenir des centaines de mégawatts.

www.revolution-energetique.com

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