Le salon des Solutions
environnementales du Grand Ouest

Les Actualités

La plupart des matériaux de construction peuvent être réutilisés

03/03/2020

La plupart des matériaux de construction peuvent être réutilisés

ENTRETIEN. Surfant sur la récente « loi antigaspi », le directeur de la plateforme Cycle Up, Sébastien Duprat, vante le réemploi dans le BTP.

Moins, c'est plus ! Créée fin 2017 par Egis et Icade, Cycle Up est aujourd'hui à la pointe du réemploi des matériaux de construction en France. Il faut dire que le secteur du bâtiment est le premier émetteur de gaz à effet de serre dans notre pays, générant par ailleurs quelque 42 millions de tonnes de déchets par an. De quoi donner du grain à moudre à toute la profession, à l'aube de la mise en pratique de la loi contre le gaspillage et pour une économie circulaire, adoptée fin janvier dans l'Hexagone. En construction et/ou en déconstruction, n'importe quelle opération immobilière peut améliorer son bilan carbone à partir de solutions simples et juridiquement bordées, nous explique Sébastien Duprat, patron de cette plateforme innovante, animée par des poids lourds du BTP et de la promotion. Tour d'horizon de ces méthodes vertueuses qui ne demandent qu'à être mises en œuvre pour préserver la planète et le porte-monnaie.

Le Point : Le thème de l'économie circulaire et du réemploi est en pleine actualité avec loi dite « antigaspi ». Quels matériaux peut-on recycler ?

Sébastien Duprat : En accès libre pour tous les professionnels, les plateformes sont conçues pour optimiser la rencontre de l'offre et de la demande en matériaux de réemploi et pour mettre en relation les acteurs de la filière : propriétaires, maîtres d'ouvrage, architectes, ingénieurs, démolisseurs et constructeurs. L'objectif ? Recenser l'ensemble de leurs matériaux disponibles et référencés selon leurs possibilités de réutilisation : produits de dépose, surplus de chantier, chutes de pose, invendus ou surplus de négoce, quel que soit le stade de la vie de l'immeuble (construction, rénovation, déconstruction). Après deux ans d'activité, on observe que la plupart des matériaux peuvent être réutilisés. Depuis les finitions intérieures jusqu'aux équipements techniques ou éléments structurels. Tout est question de méthode, de créativité, et de savoir mobiliser les justes expertises. Pour des aménagements temporaires, l'urbanisme transitoire ou la construction bas carbone, les composants issus de déconstruction trouvent ainsi une deuxième vie.

Quelle est la nouveauté ?

Si le réemploi est une pratique ancienne, les principaux freins énoncés par les acteurs questionnent le cadre juridique des transactions. En intégrant, une police d'assurance dédiée, un module de signature électronique et la production d'un ensemble d'indicateurs et d'éléments de traçabilité, Cycle Up a déployé un ensemble de solutions pour la sécurisation juridique, assurantielle et opérationnelle des transactions. Par ailleurs, la logique de plateforme permet la mise en avant d'une communauté de partenaires experts et engagés dans l'économie circulaire de manière à offrir une gamme complète de solution, depuis l'expertise scientifique jusqu'aux opérations logistiques. Le réemploi s'inscrit dans une logique de développement social et territorial, recensant des filières locales et des entreprises d'insertion. Pour accélérer la transformation circulaire des pratiques, les liens avec le jumeau numérique et les applications d'audit in situ sont indispensables.

Quels sont les bénéfices financiers et écologiques ?

Tout d'abord, le réemploi permet de réduire les déchets à la source, dont le traitement pèse lourd dans les chantiers de déconstruction. Ensuite, pour la construction, les acteurs de l'immobilier doivent déployer des modes constructifs bas carbone pour faire face au défi climatique. Le recyclage va dans ce sens, avec des matériaux réutilisés coûtant 50 à 80 % moins cher que les produits neufs ! Pour tirer parti de cette valeur issue du réemploi, les clés du succès se cachent dans la coopération, la transparence, la fiabilité et la valorisation des bénéfices sociaux et environnementaux. Les règles de la commande publique et les pratiques d'achat doivent largement évoluer pour sortir l'économie circulaire du champ de « l'innovation sympathique et créative » vers un modèle de développement économique local, véritable solution opérationnelle à la maîtrise des budgets dans une logique « bas carbone ».

source : lepoint.fr

Annonce Publicitaire