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Plan eau : le ministère dévoile le profil des 50 sites industriels concernés

22/11/2023

Plan eau : le ministère dévoile le profil des 50 sites industriels concernés

À l’occasion de l’événement "Tous mobilisés pour une gestion plus sobre de l’eau", qui se tenait ce jeudi 16 novembre au ministère de la Transition écologique, la DGPR et la DGE ont dévoilé le profil des 50 sites industriels mobilisés pour réduire leur consommation et leurs prélèvements en eau douce. En parallèle, le gouvernement a annoncé le lancement d’un dispositif d’engagement volontaire pour tous les autres industriels qui présenteraient un projet de sobriété hydrique de grande ampleur.

La mesure numéro deux du "plan eau", qui prévoit l'accompagnement des 50 sites industriels avec le plus fort potentiel de réduction en eau vers la sobriété hydrique, prend progressivement forme (lire sur AEF info).

Après la publication, en août 2023, d'une première liste de quatorze sites industriels mobilisés (lire sur AEF info), la DGPR et le DGE qui copilotent le projet, ont dévoilé, ce 16 novembre, le profil des 37 autres usines concernées. La liste de ces sites industriels a été établie en croisant leurs consommation et prélèvements en eau, leur localisation ou non sur des zones en tension hydrique et le potentiel estimé de baisse de la consommation.

 

UN QUART DES PRÉLÈVEMENTS ET DES CONSOMMATIONS

Le nom des usines concernées n'a pas été détaillé "pour des raisons de concurrence", explique le ministère. Seuls les filières industrielles et leur poids dans les prélèvements et la consommation en eau ont été indiqués.

Ainsi, sur les 50 sites concernés, 22 sont issus de la filière chimie, onze de l'agroalimentaire, sept de la métallurgie et cinq de la papeterie. À cela s'ajoute cinq autres usines chacune dans un secteur différent. "Ces sites prélèvent 607 millions de mètres cubes d'eau douce et en consomment 107 millions de mètres cubes. Cela représente un quart des prélèvements et de la consommation d'eau douce", précise Loïc Malgorn, chef du bureau de la nomenclature, des émissions industrielles et des pollutions des eaux au ministère de la Transition écologique. Pour rappel, l'industrie représente 4 % des prélèvements et 8 % de la consommation d'eau douce du pays.

ÉTAT DES LIEUX ET PLAN D’INVESTISSEMENT

Ces sites ont bénéficié d’un accompagnement des équipes du ministère afin de faire un premier état de lieux. "Nous avons pris contact avec les dirigeants de ces usines pour les impliquer dans une démarche volontaire et les inciter à établir une feuille de route pour réduire leur consommation", résume Laura Grisac, directrice de cabinet au sein de la direction générale des entreprises.

Les équipes du ministère accompagnent également les sites dans la préparation d’un plan d’investissement. "L’objectif est alors de les orienter vers les aides publiques disponibles et de faire en sorte de prioriser leurs projets", ajoute la responsable. Les 50 sites industriels concernés peuvent notamment candidater à l’appel à projet Innov Eau lancé dans le cadre de France 2030 et doté d’une enveloppe de 100 millions d’euros.

EXTENSION DE LA DÉMARCHE

Outre les 50 sites industriels les plus consommateurs, le ministère de la Transition écologique annonce son intention d’ouvrir la démarche aux autres industriels qui souhaiteraient s’engager dans la réduction de leurs prélèvements et de leur consommation. Ce dispositif d’engagement volontaire doit permettre aux entreprises qui proposent des projets de sobriété d’ampleur de bénéficier également d’un accompagnement des équipes ministérielles.

En parallèle, la DGE annonce également le lancement d’une approche par filière. Les 19 filières industrielles constituantes du Conseil national de l'industrie doivent, d’ici à la fin d’année, présenter leur plan de sobriété hydrique. "Quatre filières prioritaires ont déjà été identifiées", indique Laura Grisac, citant la chimie, l’agroalimentaire, les mines et la métallurgie et de les composants électroniques. Elles ont déjà présenté certains de leurs travaux "avec des solutions concrètes", note la responsable. Laura Grisac évoque notamment l’exemple du secteur de la chimie qui met en place un dispositif d’accompagnement de ses PMI afin de réaliser un premier diagnostic de leur consommation d’eau.

LE POINT SUR LES AUTRES MESURES DU PLAN EAU

 Le rôle des acteurs économiques dans le plan eau n’a pas été le seul thème abordé lors de cet événement sur la sobriété hydrique:

  • REUT (réutilisation des eaux usées traitées) : la ministre déléguée chargée de l’Organisation territoriale et des Professions de santé, Agnès Firmin-Le Bodo, a notamment fait le point sur la proposition numéro 15 concernant la réutilisation des eaux usées. Un premier décret, visant à simplifier les procédures administratives pour favoriser la réutilisation des eaux usées en France, a été publié en août dernier. Le second décret autorisant les REUT pour le nettoyage et le rinçage dans l’agroalimentaire sera publié dans les semaines à venir. Enfin, le dernier décret concernant la réutilisation des eaux pour l’usage domestique devrait paraître en début d’année 2024. "La sortie progressive des textes ne favorise pas la compréhension de la démarche", reconnaît Agnès Firmin-Le Bodo, "mais une fois que tous les textes auront paru, cela permettra d’avoir une vision d’ensemble et illustrera la marche qui est en train d’être franchie par le pays".
  • Bâtiment : troisième mesure du plan eau, l’utilisation de l’eau dans la construction des bâtiments neufs avance également. Antoine Caron, sous-directeur de la qualité et du développement durable dans la construction à la DGALN, indique qu’un projet de réglementation est en cours d’élaboration. "Ce dernier reprendra la même approche que la RE2020 sur les consommations énergétiques", précise Antoine Caron. Le texte est actuellement à l’étape de concertation entre les différentes parties prenantes.

aefinfo

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