En six mois, 452 cas de "mésinformation climatique", une hausse inédite de 28% par rapport à 2025, selon l'Observatoire des médias sur l'écologie

En six mois, 452 cas de "mésinformation climatique", une hausse inédite de 28% par rapport à 2025, selon l'Observatoire des médias sur l'écologie

15/09/2026


"Les médias qui recensent le plus de cas sont à nouveau Sud Radio, CNews, Europe 1 et RMC", pointe l'Observatoire dans une étude que France Inter a pu consulter mardi.

"452 cas de mésinformation climatique ont été détectés dans les médias audiovisuels français, soit une moyenne de 17 cas par semaine entre le 5 janvier et le 30 juin", selon une étude de l'Observatoire des médias sur l'écologie(Nouvelle fenêtre), que France Inter(Nouvelle fenêtre) a pu consulter mardi 15 septembre. Ce chiffre représente "une hausse de 28% par rapport au premier semestre 2025, qui comptabilisait 353 cas", poursuit l'étude. Il s'agit d'une "ampleur inédite" de mésinformation, selon l'Observatoire, coordonné par un consortium d'acteurs associatifs, notamment l'association QuotaClimat. Dans ces fausses informations relatives au climat, l'Observatoire fait une distinction entre la mésinformation et la désinformation, qui, elle, induit une intention.

Comme c'était déjà le cas en 2025, "ce sont les événements climatiques extrêmes ainsi que les événements politiques ou géopolitiques qui ont suscité des pics de désinformation", explique l'Observatoire des médias sur l'écologie. Ainsi, "des pics de mésinformation se sont produits à trois moments précis", liste cette étude : la publication de la programmation pluriannuelle de l'énergie, le blocage du détroit d'Ormuz et les vagues de chaleur successives qui ont marqué l'été.

"Beaucoup moins de cas" sur l'audiovisuel public

"Les médias qui recensent le plus de cas sont à nouveau Sud Radio, CNews, Europe 1 et RMC", pointe l'Observatoire. "On va avoir des médias au sein desquels ce sont des membres de la rédaction, que ce soit des journalistes, des éditorialistes qui vont être à l'origine de certains propos qui ne vont pas être contredits sur le plateau", déplore au micro de France Inter Eva Morel, secrétaire générale de QuotaClimat. L'audiovisuel public est à l'origine de "beaucoup moins de cas" de mésinformation, "ça va être surtout des invités politiques, mais aussi des invités qui ont des intérêts économiques", à défendre, précise-t-elle.

Le premier semestre 2026 a battu à la fois "le record haut et le record bas de l'Observatoire des médias sur l'écologie", ainsi "la couverture des enjeux environnementaux est tombée à 2,8% du temps d'antenne en mars (en pleine campagne pour les élections municipales), puis a atteint 19% la semaine du 22 juin, lorsque la France traversait son deuxième épisode caniculaire", note l'étude.

Une trentaine de signalements à l'Arcom

Eva Morel, secrétaire générale de QuotaClimat, dénonce "une mise à l'écart de l'environnement" qui "ne peut se reproduire à l'approche de l'élection présidentielle. Nous appelons les médias à rehausser l'intérêt médiatique, à renforcer leur vigilance face aux récits récurrents de désinformation et à interpeller les candidats sur leurs propositions en matière environnementale". Il y a tout de même un point positif, c'est "la place accordée à l'adaptation au changement climatique" qui "a fortement progressé, passant de seulement 20% des séquences en 2023 à près de 50% lors du deuxième épisode caniculaire de 2026", ajoute-t-elle.

L'Observatoire des médias sur l'écologie indique avoir transmis à l'Arcom, le gendarme de l'audiovisuel, "30 signalements sur ces six derniers mois, autant que lors des trois dernières années écoulées".

france info

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