La Newsletter d'Hugo Clément

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20/02/2026

La génération essoufflée est déjà là

Un élève de sixième sur deux ne tient pas plus de cinq minutes en course, selon une vaste évaluation du ministère de l’Éducation nationale. Des résultats alarmants qui soulignent l’urgence de lutter contre le manque d'activité croissant chez les jeunes.

Le ministère de l’Éducation nationale vient de dévoiler les premiers résultats d’un rapport sur les aptitudes physiques des collégiens de sixième, et le constat est alarmant. Notre journaliste Kim Vaillant fait le point sur les principales données révélées par l’étude. 

La moitié des élèves de sixième sont incapables de courir plus de 5 minutes. C’est la conclusion d’un rapport publié par le ministère de l’Éducation nationale qui a évalué la forme physique des élèves entrés en classe de 6ème à la rentrée dernière. 

L’évaluation, menée à l’automne 2025, est la première de cette ampleur. Elle a mobilisé 266 925 élèves dans plus de 2 810 établissements volontaires, publics et privés sous contrat. Le test reposait sur trois épreuves physiques : le test Luc Léger pour évaluer l’endurance, un saut en longueur sans élan pour mesurer la force musculaire, et un sprint de 30 mètres pour évaluer la vitesse. 

L’objectif affiché par le ministère est d’offrir aux équipes pédagogiques “un outil standardisé permettant d’évaluer les aptitudes physiques de chaque élève”, afin d’adapter les enseignements d’EPS et d’anticiper les besoins en accompagnement. 

Le ministère de l’Éducation nationale révèle des données inquiétantes sur les aptitudes physiques des collégiens de sixième. © Unsplash Le ministère de l’Éducation nationale révèle des données inquiétantes sur les aptitudes physiques des collégiens de sixième. © Unsplash

Des résultats alarmants

Les données publiées par le gouvernement dressent un portrait marqué par des performances globalement faibles, en particulier en endurance. En effet, 18 % des élèves ne parviennent pas à courir plus de trois minutes à 8,5 km/h. Par ailleurs, seuls 50 % des élèves atteignent cinq minutes de course à au moins 9,5 km/h. Pour la force musculaire et le sprint, les résultats sont légèrement meilleurs, bien que près de la moitié des élèves sont encore jugés “en difficulté” dans ces deux disciplines.

Ce test permet également de faire état d’inégalités sociales marquantes. Dans les collèges les plus défavorisés, seulement 25,3 % des élèves ont obtenu une maîtrise dite “satisfaisante” en endurance, contre 43,4 % dans les établissements les plus favorisés. L’évaluation révèle également d’importants écarts selon le genre. Selon le rapport, les filles présentent de moins bons résultats que les garçons, qui “sont 46,3 % à être en situation de maîtrise satisfaisante contre 21,6 % des filles”.

Le coupable ? La sédentarité  

En réalité, ces chiffres traduisent des comportements sédentaires de plus en plus répandus chez les jeunes. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES), 66 % des 11–17 ans présentent un risque sanitaire préoccupant, caractérisé par une consommation quotidienne de plus de 2 heures de temps d'écran et moins de 60 minutes d’activité physique par jour.

Le gouvernement qualifie d’ailleurs la sédentarité de “mal du siècle”, l’inactivité étant considérée comme la quatrième cause mondiale de mortalité et la première cause de mortalité évitable. L’OMS souligne d’ailleurs que les personnes en manque d’activité physique ont un “risque de décès majoré de 20 % à 30 % par rapport à celles qui sont suffisamment actives”. Dans ce contexte, près de 95 % de la population adulte en France est considérée à risque sanitaire du fait d’un manque d’activité ou d’un temps trop long passé assis.

Les conséquences de ce manque d’activité physique sont nombreuses : risques cardiovasculaires accrus, diabète, fragilisation de la santé mentale, hypertension, cancers... Avec ce rapport, l’Éducation nationale s’inscrit dans la continuité de sa politique des 30 minutes d’activité physique quotidienne, généralisée en 2022. Dans ce cadre, le gouvernement rappelait que “l'activité physique quotidienne doit être encouragée dans l'ensemble des espaces et temps scolaires et périscolaires. […] Développer une activité physique quotidienne répond avant tout à des enjeux de santé publique et de bien-être.”

Pour rappel, une activité physique régulière contribue à améliorer la santé mentale, la qualité de vie et le bien-être. Elle peut être intégrée au quotidien de diverses manières, qu’il s’agisse de pratiquer un sport, d’adopter des pauses actives, de prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur ou de se déplacer à vélo ou à pied.

Dans le Jura, déjà deux lynx morts sur les routes en 2026

Le 26 janvier, un jeune mâle a été percuté sur l’A40 près de Nantua, dans l’Ain. À peine quelques jours plus tard, le 3 février, une femelle adulte a été tuée sur la RN83, près de Lons-le-Saunier, dans le Jura. Deux collisions de trop pour une espèce déjà très vulnérable en France. Le Centre Athénas, qui lutte quotidiennement pour protéger l’espèce, rappelle que “chaque fois qu’un adulte meurt, le patrimoine génétique de la population s’affaiblit”. À noter que les collisions routières figurent aujourd’hui parmi les principales causes de mortalité du lynx dans le massif du Jura.

Face à cette urgence, le Centre Athénas appelle les automobilistes à ralentir. Par ailleurs, si vous êtes témoin d’une collision, vous pouvez le signaler directement auprès de l’association. En 2025, l’association a recensé 24 lynx victimes sur les routes du Jura. Pour rappel, en France, sa population est estimée à seulement 200 individus, selon le WWF. Une présence donc très fragile, menacée également par des actes de violence. Courant janvier, une femelle lynx avait été retrouvée caillassée et le corps truffé de plus de 100 billes de plombs, comme on vous le racontait sur Vakita

Depuis le début de l’année 2026, déjà deux lynx ont trouvé la mort sur les routes dans le massif du Jura. © Capture d’écran Centre Athénas Depuis le début de l’année 2026, déjà deux lynx ont trouvé la mort sur les routes dans le massif du Jura. © Capture d’écran Centre Athénas

En Charente-Maritime, les pesticides affaiblissent les perdrix  

C’est ce que révèle une étude publiée dans la revue Environmental Research. Les chercheurs ont étudié l’impact des produits phytosanitaires sur 40 perdrix, espèce emblématique des plaines agricoles en fort déclin. Pendant cinq mois, les oiseaux, installés en semi-liberté dans des volières entourées de champs cultivés, ont été nourris avec des céréales issues de l’agriculture conventionnelle. Ce dispositif a permis une exposition réelle à leur environnement, via l’alimentation, l’air, le sol et l’eau. 

Les scientifiques ont ainsi mesuré “la contamination sanguine par 94 pesticides potentiels et des marqueurs de santé comportementaux et physiologiques”. Les résultats sont sans appel. Diminution de l’activité physique, baisse de réactivité face au danger, chute de l’activité neurologique… En seulement quelques mois, les perdrix présentent une nette dégradation de leur état de santé. L’étude souligne que “ces effets peuvent mener à une réduction de la survie et de la reproduction, et affecter la viabilité des populations”. Une alerte qui dépasse largement le cas des perdrix selon les chercheurs, qui interrogent l’impact de ces substances sur l’ensemble du vivant.

Les pesticides altèrent l’état de santé des perdrix grises, alerte une nouvelle étude scientifique. © EUNIS Les pesticides altèrent l’état de santé des perdrix grises, alerte une nouvelle étude scientifique. © EUNIS

La Russie développe des pigeons-drones contrôlés par implants

Depuis plusieurs semaines, la start-up russe Neiry affirme mener des essais sur ses “biodrones”, qui ne sont pas moins que de véritables… pigeons. Ces volatiles seraient équipés d’implants cérébraux et de capteurs miniatures. Le dispositif reposerait sur la neurostimulation, une technologie censée permettre de téléguider l’oiseau sans aucun dressage préalable. 

Soutenu par l’institut d’intelligence artificielle de l’Université d’État de Moscou, dirigé par l’une des filles de Vladimir Poutine, le projet mise tout sur l’autonomie des oiseaux. “L'objectif est d'utiliser des vecteurs biologiques dans des situations où les drones mécaniques sont limités par leur autonomie et leur poids”, précise l’entreprise sur son site. En effet, nul besoin de recharger les volatiles, et ces oiseaux pourraient parcourir de longues distances, jusqu’à 400 km par jour sans escale, selon Neiry. 

Mais alors à quoi serviraient ces biodrones ? La start-up évoque “l’inspection des infrastructures, l'aide à la recherche et au sauvetage, l'observation côtière et environnementale” et “la surveillance des zones reculées”. De quoi susciter de vives inquiétudes, tant pour les risques de dérives liées à l’espionnage que pour les questions éthiques, notamment la maltraitance potentielle des oiseaux.

Une start-up russe développe des pigeons-drones grâce à des implants placés dans leur cerveau. © Neiry Une start-up russe développe des pigeons-drones grâce à des implants placés dans leur cerveau. © Neiry

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C’est le nombre de kilomètres parcourus en 80 jours par la glaciologue Heïdi Sevestre et l’aventurier Matthieu Tordeur en Antarctique. Le tout, uniquement grâce à des kite-skis, propulsés par la force du vent. Les deux explorateurs ont traversé le Continent Blanc dans le cadre de l’expédition Under Antarctica, première mission de ce type entièrement dédiée à la science polaire. Sur près de 4 000 km, Heïdi et Matthieu ont tracté leurs instruments scientifiques, notamment des radars à pénétration de sols, afin d’établir une cartographie précise de leur parcours. 

L’objectif : analyser la résistance des glaciers de l’Antarctique face au dérèglement climatique, récolter des données pour anticiper la hausse du niveau des mers et mieux comprendre les bouleversements futurs. “Ce qu’on comprend là-bas permet de mieux anticiper des changements qu’on va ressentir jusqu’à chez nous”, résume la glaciologue dans une interview donnée à Vakita. Avec cette mission décarbonée, les deux explorateurs espèrent ouvrir “la voie vers une nouvelle manière de pratiquer la science en milieu polaire”. Ils projettent une publication des données récoltées d’ici deux à trois ans.

Heïdi Sevestre et Matthieu Tordeur ont traversé l’Antarctique sur près de 4 000 km en kite-ski pour collecter des données scientifiques inédites. © Under Antarctica Heïdi Sevestre et Matthieu Tordeur ont traversé l’Antarctique sur près de 4 000 km en kite-ski pour collecter des données scientifiques inédites. © Under Antarctica

À voir : le documentaire bouleversant sur Emmy, victime invisible des pesticides

Elle pensait exercer un métier sans danger. Laure Marivain était fleuriste. Après tout, que pourraient bien cacher des fleurs ?

En 2010, alors qu’elle est enceinte, Laure manipule chaque jour des bouquets traités avec des pesticides. Quelques années plus tard, sa fille Emmy tombe gravement malade. Commence alors une enquête intime et douloureuse : comprendre l’origine de cette maladie. Elle découvre que les fleurs qu’elle manipulait pendant sa grossesse étaient couvertes de résidus de substances parfois classées comme préoccupantes pour la santé.

Emmy s'est éteinte en 2022. Un an plus tard, elle a été reconnue officiellement comme victime des pesticides. Ce documentaire, diffusé en juillet 2025 sur Vakita.fr et mis en ligne cette semaine sur la chaîne YouTube de Vakita, raconte son histoire et le combat de sa mère, Laure, contre l’impact sanitaire des pesticides.

Cette newsletter a été réalisée par Axel Roux et Kim Vaillant

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