Les 110 monuments nationaux "fortement exposés" aux aléas climatiques dans une France à +4°C

Les 110 monuments nationaux "fortement exposés" aux aléas climatiques dans une France à +4°C

23/09/2026


La question de l'adaptation du patrimoine au réchauffement climatique est au cœur des Journées européennes du patrimoine, qui se tiennent samedi et dimanche.

La totalité des sites des monuments nationaux "seront fortement exposés aux aléas liés à la chaleur et à l’eau" en 2050 selon une étude inédite(Nouvelle fenêtre) du Centre des monuments nationaux (CMN) qui analyse "les vulnérabilités de leur conservation et de leurs activités" dans une France à +4°C.

Quand la maison en bord de mer de Georges Clemenceau, en Vendée, sera-t-elle submergée par les eaux ? Comment adapter les monuments à l'augmentation des sécheresses, des inondations et des vagues de chaleur ? L'établissement public, qui regroupe 110 sites à travers la France, esquisse des réponses dans son rapport.

Des "conditions favorables aux incendies"

Premiers enseignements pour 2050 : 80% des sites du réseau seront exposés pendant plus de 30 jours à des "conditions favorables aux incendies" et 52% seront sujets "moyennement ou fortement au retrait-gonflement des argiles", qui peuvent fragiliser les fondations des édifices. "C'est la première fois qu'on mène une étude exhaustive à cette échelle", explique Abla Benmiloud-Faucher, cheffe de mission au CMN.

Huit sites seront exposés aux aléas littoraux, dont la maison de Georges Clémenceau, qui risque d'être totalement engloutie par l'océan en 2120. Le château d'Azay-le-Rideau (Indre-et-Loire) est déjà vulnérable aux inondations, illustre l'étude. Sans se vouloir "alarmiste", l'étude est une base pour analyser ensuite la "vulnérabilité de chaque site aux aléas climatiques" et prévoir des actions d'adaptation, explique Abla Benmiloud-Faucher.

Des actions "innovantes" à trouver

Au-delà de la dégradation du patrimoine, le risque est aussi "humain", comme lors des canicules qui présentent un risque pour les visiteurs et les agents, souligne la responsable. Avant l'été 2025, l'établissement public avait adopté un "plan fortes chaleurs" prévoyant le déploiement d'ombrières, davantage de végétalisations et de fontaines à eau. "80% de nos monuments ont des jardins ou des parcs qui sont des refuges de biodiversité", rappelle Abla Benmiloud-Faucher.

D'autres actions "innovantes" devront être trouvées à horizon 2030 selon l'étude. L'idée est de "faire prendre conscience des problèmes auxquels on est confrontés et auxquels on sera encore plus confrontés à l'avenir", explique encore Pascal Mignerey, responsable auprès de la direction générale des patrimoines et de l'architecture du ministère de la Culture. Le rapport du CMN a été publié à l'occasion des Journées européennes du patrimoine qui se tiennent les 19 et 20 septembre dont l'un des thèmes est le "Patrimoine en péril : raviver, résister, réimaginer".

france info

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