Selon le politologue Benjamin Morel, le sujet n’est plus vraiment la préoccupation première des Français. Ils préfèrent donner la priorité au pouvoir d’achat, à la sécurité… À moins que cette semaine caniculaire ne change la donne…
Pour le climat, il faudra certainement repasser ! À dix mois du scrutin présidentiel, on ne peut pas vraiment dire que les enjeux environnementaux soient au centre de la campagne qui démarre. Ils ne font ainsi pas partie des « quatre chantiers capitaux » du candidat Renaissance Gabriel Attal. L’Insoumis Jean-Luc Mélenchon, lui, reste bien vague sur ses intentions, insistant sur une « meilleure organisation de la planification des moyens de résilience écologique ».
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Planifier, c’est aussi l’ambition de Raphaël Glucksmann (Place publique) : « Nous avons besoin d’un État qui organise la sobriété énergétique. Les tergiversations sur la rénovation thermique des bâtiments, c’est fini ». De son côté, le LR Bruno Retailleau prône « une écologie du bon sens, qui ne punit pas, n’interdit pas ». Quant à Edouard Philippe (Horizons), s’il estime que les villes « s’adaptent mieux » au dérèglement climatique, « il faudra accélérer sur la gestion de l’eau, réadapter nos loisirs, nos rythmes, notre façon de vivre ».
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Pas de clivage politique
En résumé, des mots, des idées, mais rien de concret pour l’instant. Normal ? « Oui. Nous sommes encore loin de l’élection. Les programmes se construisent, ne sont pas encore connus. Un peu de patience. En 2017, Emmanuel Macron n’avait fait connaître ses projets qu’à quelques semaines du vote », souligne Benjamin Morel. Mais le politologue ne se berce guère d’illusion. Malgré les températures qui s’affolent, les questions environnementales ne devraient pas être au cœur des prochaines joutes politiques.
« L’avenir de la planète n’est d’abord pas un sujet de clivage politique. Tout le monde est globalement d’accord sur le sujet, la nécessité d’agir. Aucun parti n’installera de match ici. Les énergies seront déployées ailleurs, sur des thématiques à enjeux, plutôt divergentes. L’écologie n’est, ensuite, plus la priorité première des Français, contrairement au pouvoir d’achat, au travail, à la sécurité, à l’avenir de l’école. Cela l’a été en 2020. Plus maintenant. »
La normalisation du RN
Sauf du côté du Rassemblement national, visiblement. Le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella ne cesse de parler du climat et des très fortes chaleurs depuis quelques jours. En fin de semaine dernière, le député Sébastien Chenu tirait à boulets rouges sur « l’incapacité de l’État à organiser les choses face aux canicules, alors que ça fait longtemps qu’on a des rapports du Giec sur le réchauffement ». De son côté, son collègue Jean-Philippe Tanguy propose un « plan massif de prêts à taux zéro », de vingt milliards, pour refroidir et isoler les logements d’ici à 2030. « C’est classique et même malin de la part du RN. En tenant un discours écologique, une ligne qu’il n’a pas forcément défendue ces dernières années, le Rassemblement national joue encore ici la carte de la normalisation », analyse Benjamin Morel.