22 ans après l’arrivée du frelon asiatique en Nouvelle-Aquitaine, l’Europe apicole se prépare à de nouvelles menaces

22 ans après l’arrivée du frelon asiatique en Nouvelle-Aquitaine, l’Europe apicole se prépare à de nouvelles menaces

01/10/2026


Du 1er au 4 octobre 2026, Agen accueillera l’Europe de l’apiculture. Vingt-deux ans après l’arrivée du frelon asiatique en Lot-et-Garonne, le rendez-vous prend une résonance particulière.

moins de deux semaines de l’ouverture du Congrès européen de l’apiculture 2026, l’affiche dépasse largement la présentation de matériel ou la dégustation de miel. Dans les salles d’Agen Agora, chercheurs, apiculteurs et professionnels vont parler parasites, climat, pollinisation, commerce du miel et adaptation des ruchers.

Les communications institutionnelles les plus récentes du Département de Lot-et-Garonne et des organisateurs annoncent désormais 200 exposants et 10 000 visiteurs attendus du 1er au 4 octobre.

Beecome Agen 2026 en quelques repères

Les informations essentielles vérifiées avant l’ouverture du congrès

Dates Du 1er au 4 octobre 2026
Lieu Parc des Expositions Agen Agora, 351 avenue du Midi à Agen
Organisation Union nationale de l’apiculture française et L’Abeille Gasconne
Fréquentation annoncée 200 exposants et 10 000 visiteurs attendus selon les communications institutionnelles les plus récentes
Accès Salon et halls d’exposition gratuits pour le public
Conférences Du 1er au 3 octobre, pass journée à 25 ou 35 euros et Multipass trois jours à 60 euros
Temps fort Marché nocturne et soirée gasconne le vendredi 2 octobre à partir de 19 h

Le lieu donne au programme une profondeur singulière. C’est en Lot-et-Garonne qu’a été signalée en 2004 l’introduction accidentelle en France du frelon asiatique à pattes jaunes, Vespa velutina. Vingt-deux ans plus tard, l’espèce occupe tous les départements métropolitains et sa progression a dépassé les frontières françaises. Le congrès revient ainsi sur un phénomène dont l’histoire nationale a commencé ici tout en regardant vers une autre menace potentielle.

Tropilaelaps aux portes de l’Europe : pourquoi ce parasite change le programme du congrès apicole d’Agen ?

Depuis la fin du mois d’août 2026, un nom s’est ajouté à l’actualité sanitaire de l’abeille : Tropilaelaps. Le laboratoire européen de référence de l’Anses a signalé une présence suspectée de Tropilaelaps mercedesae dans le nord-est de la Turquie. Cette présence reste sans confirmation officielle des autorités turques et le parasite demeure considéré comme exotique dans l’Union européenne. Quelques semaines plus tard, il figurera précisément parmi les thèmes scientifiques abordés à Agen.

Cette actualité sanitaire arrive après une année 2025 surprenante pour la production française. FranceAgriMer estime la récolte à 34 568 tonnes de miel, contre environ 21 600 tonnes en 2024. Un record qui raconte une saison favorable à certaines miellées sans effacer les fragilités structurelles de l’apiculture.

Agen porte la mémoire française du frelon asiatique

Pour comprendre ce qui distingue ce congrès d’un simple rendez-vous professionnel, il faut revenir en 2004. Les documents du ministère chargé de l’Environnement situent alors en Lot-et-Garonne l’introduction accidentelle en France du frelon asiatique à pattes jaunes.

Cette histoire locale rejoint le récit de l’arrivée du frelon asiatique en Nouvelle-Aquitaine, devenu en deux décennies un enjeu national pour les ruchers.

L’insecte a ensuite gagné progressivement le territoire. Les pouvoirs publics estiment sa capacité de progression à environ 70 kilomètres par an. En 2026, sa présence concerne l’ensemble de la France métropolitaine et plusieurs pays européens. Cette trajectoire explique la place occupée par la lutte contre le frelon dans le programme d’Agen.

Le sujet touche directement le fonctionnement des ruchers. La pression exercée devant les colonies peut perturber l’activité des butineuses au moment où les abeilles doivent constituer leurs réserves. Les observations de terrain varient selon les territoires et les années.

Une enquête menée en 2025 par la Fédération apicole régionale de Nouvelle-Aquitaine auprès de 1 037 répondants montre cependant l’ampleur de la préoccupation : 92 % des participants déclaraient avoir subi une pression du frelon. Cette donnée reflète les réponses d’apiculteurs interrogés et ne constitue pas une mesure exhaustive de tous les ruchers régionaux.

La recherche de méthodes plus sélectives s’inscrit aussi dans le débat sur les limites écologiques des pièges artisanaux contre le frelon asiatique.

À Agen, la question sera donc abordée à quelques kilomètres des lieux où l’histoire française de Vespa velutina a commencé.

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Frelon, Tropilaelaps, miel record : Agen, sentinelle des abeilles d'Europe

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Pourquoi Tropilaelaps ajoute une nouvelle alerte sanitaire

Le varroa appartient depuis longtemps au vocabulaire quotidien de l’apiculture européenne. Le programme 2026 élargit désormais le regard à Tropilaelaps, un acarien parasite des abeilles dont la progression géographique est surveillée avec attention.

Une vidéo enregistrée le 26 juillet dans la région d’Artvin au nord-est de la Turquie montre des acariens identifiés comme Tropilaelaps mercedesae. L’information a été relayée en août et le laboratoire européen de référence de l’Anses estime les images compatibles avec les caractéristiques du parasite. Aucune confirmation officielle turque ni notification internationale n’établit cependant sa présence dans le pays.

La distinction compte. Tropilaelaps reste exotique dans l’Union européenne. Sa présence a en revanche été confirmée en Géorgie en 2024 et la zone suspectée en Turquie se situe près de la frontière géorgienne.

Le 4 septembre, le laboratoire européen de référence pour la santé des abeilles a encore renforcé son travail d’information en diffusant une nouvelle ressource consacrée à Tropilaelaps comme menace aux portes de l’Union européenne. Cette communication vise notamment à améliorer les capacités de diagnostic et de surveillance.

Le congrès d’Agen abordera ainsi une menace encore extérieure à l’Union au moment où sa géographie est surveillée de près. Les mouvements d’abeilles et de matériel apicole figurent parmi les voies possibles de diffusion rapide du parasite. L’enjeu européen porte donc autant sur la détection précoce et la surveillance que sur les réponses sanitaires qui seraient nécessaires en cas d’introduction.

Pourquoi une récolte record ne résume pas l’état de l’apiculture

Les chiffres français de 2025 pourraient donner l’image d’une filière sortie d’une mauvaise passe. 34 568 tonnes de miel ont été produites selon l’Observatoire de FranceAgriMer, contre environ 21 600 tonnes un an plus tôt. Le rendement moyen est passé de 15,2 à 24,6 kilos par ruche en production.

La Nouvelle-Aquitaine a participé largement à ce rebond avec une production estimée à 4 487 tonnes. Elle rassemble aussi 12,1 % des apiculteurs déclarés en France.

Derrière ce total national favorable, les miellées racontent pourtant des situations beaucoup plus contrastées. L’acacia a représenté environ 5 300 tonnes en 2025 et s’est particulièrement bien comporté en Nouvelle-Aquitaine. Le tournesol a connu au contraire une campagne très dégradée.

Ces écarts donnent un contenu concret aux séances consacrées au dérèglement climatique. Pour un rucher, une saison peut réunir dans la même année floraison favorable, déficit hydrique, épisodes de chaleur ou disponibilité très inégale des ressources. Le volume final de miel masque alors une succession de situations locales.

La santé des colonies conserve aussi ses propres indicateurs. Pour l’hiver 2024-2025, l’enquête nationale de mortalité hivernale estimait la mortalité à 15,12 % en Nouvelle-Aquitaine et 17,04 % en Lot-et-Garonne parmi les colonies entrant dans le champ de l’enquête. Ces résultats sont des estimations issues d’une enquête et non le décompte exhaustif de toutes les colonies de la région.

Le miel français face à un marché qui dépasse les ruchers

Le congrès se jouera également loin de la seule biologie de l’abeille. Origine des miels, importations, traçabilité et adultération figurent dans les débats programmés.

En 2024, la France a importé 33 746 tonnes de miel et en a exporté 3 979 tonnes. La consommation nationale est généralement évaluée autour de 45 000 tonnes par an. La production d’une excellente campagne française ne suffit donc pas à résumer le fonctionnement du marché.

Les écarts entre origine annoncée, qualité réelle, prix de vente et conditions de production expliquent pourquoi la journée du 2 octobre doit notamment examiner le marché français et mondial du miel ainsi que les questions d’adultération.

Pour les producteurs, l’enjeu dépasse le rendement d’une ruche. Il concerne aussi la capacité du consommateur à identifier ce qu’il achète et la place accordée au miel français dans un marché fortement connecté aux échanges internationaux.

Quatre jours entre science pratique apicole et grand public

Le programme disponible au 18 septembre prévoit trois journées de conférences du jeudi au samedi autour du varroa, de Tropilaelaps, des mortalités de colonies, des pesticides, du climat, du marché du miel, de la sélection, de la pollinisation et du frelon asiatique. Les organisateurs indiquent toujours que ce programme reste non définitif et que les horaires comme les intervenants peuvent encore évoluer.

Trois salles doivent accueillir les conférences et tables rondes. Le Département annonce des capacités de 1 000, 500 et 200 places, donnant une idée de l’ampleur prévue pour les échanges scientifiques et professionnels.

Les halls d’exposition seront accessibles gratuitement au public pendant les quatre jours. Agen Agora maintient une ouverture jeudi et samedi de 8 h 30 à 19 h, vendredi de 8 h 30 à 22 h 30 et dimanche de 9 h à 17 h. Parking gratuit, bar, restauration sur place et accessibilité aux personnes à mobilité réduite sont également annoncés.

Les tarifs des conférences sont eux aussi toujours affichés : 25 euros le jeudi, 35 euros le vendredi, 35 euros le samedi et 60 euros pour le Multipass des trois journées. L’accès est annoncé gratuit pour les enfants de 0 à 12 ans et une réduction de 10 % est proposée aux groupes d’au moins dix personnes.

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Une soirée gasconne le vendredi

Le programme comporte désormais un rendez-vous clairement mis en avant pour le grand public : un marché nocturne le vendredi 2 octobre à partir de 19 h. Producteurs et restauration doivent accompagner cette soirée gasconne annoncée sans réservation préalable dans la limite des places disponibles.

Des concours, animations, ateliers et un marché de producteurs complètent le rendez-vous. Leur présence rappelle que l’apiculture relie plusieurs mondes : la recherche scientifique, l’agriculture, la biodiversité, l’alimentation et une économie de producteurs souvent ancrée dans les territoires.

À Agen, cette rencontre prendra une dimension supplémentaire. Le territoire qui a vu commencer en 2004 l’expansion française du frelon asiatique va regarder vingt-deux ans plus tard vers les parasites émergents, les mutations du climat et les incertitudes du marché. Entre les ruches d’hier et celles qu’il faudra conduire demain, quatre jours tenteront de mesurer ce qui a changé.

FAVICOSources de l’article

aquitaineonline

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