Convaincue de ses « atouts environnementaux indéniables » et de son rôle « moteur » dans la cohésion territoriale et économique et le renouvellement générationnel des agriculteurs, la Commission européenne a présenté une nouvelle feuille de route pour l'agriculture biologique (1) . La part des terres cultivées en bio dans l'UE n'a cessé de croître pour atteindre actuellement environ 17 millions d'hectares (11 % des terres agricoles totales). Après une stagnation temporaire dans certains États membres après 2021 – principalement due à des pics d'inflation – les ventes au détail de produits biologiques progressent en Europe et ont doublé au cours de la dernière décennie.
Pour « libérer tout le potentiel du secteur », la Commission promet ainsi que le budget de l'UE continuera à financer l'agriculture biologique dans le cadre de la future politique agricole commune (PAC) proposée pour la période 2028-2034. Elle envisage surtout de modifier les règlements (2) qui encadrent la pratique, les normes et l'étiquetage des produits en les ajustant « de manière ciblée ».
Ces modifications porteront par exemple sur les règles en vigueur pour l'importation de produits biologiques produits hors Europe et notamment les règles d'équivalence. Elle envisage également de réduire la complexité du cadre actuel en permettant par exemple la commercialisation des hydrolats comme produits biologiques, ou encore en mettant à jour la liste des biocides utilisés.
Globalement, les mesures annoncées ont reçu un accueil favorable de la part des acteurs de la bio qu'ils soient européens ou français. « Le mouvement bio salue la volonté [de la Commission] de mieux adapter la réglementation bio aux réalités du terrain, sans pour autant remettre en cause les principes ni abaisser les exigences élevées de l'agriculture biologique », commente ainsi Eduardo Cuoco, directeur d'Ifoam Organics Europe, la fédaration européenne des acteurs de la bio. La Fnab, son équivalent français, a fortement contribué à la consultation menée en amont par l'exécutif européen. Elle se réjouit également que la révision soit « limitée » et « préserve l'exigence du cahier des charges bio ». La fédération s'inquiète néanmoins de deux mesures concernant les élevages de volaille qui risquent selon elle d'encourager « l'intensification des modèles d'élevage, au détriment de l'autonomie des fermes et du lien au sol. » Les propositions de la Commission seront examinées par le Parlement et les Etats membres courant 2026.
1. Télécharge la feuille de route pour l'agriculture biologique
2. Lire la proposition de la Commission européenne sur l'agriculture bio
Florence Roussel / actu-environnement