Visibilité et stabilité, tels sont les besoins des industriels pour s'engager vers l'électrification de leurs usages et décarboner leurs activités. Ce sont les mêmes besoins qu'expriment les acteurs des énergies renouvelables, sans fake news ni procès.
La France recule. Elle recule et son industrie avec. Moins de capacité à produire, à innover, à rester une grande nation économique dans un monde qui se durcit. Les usines ferment ou se délocalisent, les centres de décision s’éloignent, les chercheurs fuient, et l’on continue trop souvent à désigner les entrepreneurs comme des coupables plutôt que comme des acteurs clés de la reconstruction collective.
Ce diagnostic n’est ni idéologique ni excessif. Entre 2000 et 2020, la part de l’industrie dans le PIB français est passée d’environ 16 % à moins de 10 % (Insee). Aujourd’hui, l’heure n’est plus au constat mais à l’action. Et cette action repose sur un socle fondamental : l’électricité.
L'électricité renouvelable, alliée directe des industriels
Réindustrialiser, c’est électrifier massivement notre économie souveraine: procédés industriels, mobilité, chaleur, numérique, hydrogène, data centers, intelligence artificielle. Selon RTE, la consommation d’électricité en France devra augmenter de 35 à 55 % d’ici 2050.
Les énergies renouvelables sont aujourd’hui les sources d’électricité les plus rapides à déployer et les plus compétitives. Le coût moyen de l’électricité issue de l’éolien terrestre et du solaire photovoltaïque se situe entre 60 et 75 €/MWh (CRE). Elles constituent le seul moyen réaliste d’apporter rapidement des volumes supplémentaires d’électricité à l’industrie française.
La consommation énergétique est l’image de la santé économique d’un pays. Les producteurs d’électricité renouvelable sont des alliés directs des industriels. Ils développent des projets à proximité des bassins industriels, avec des modèles contractuels de long terme offrant visibilité et stabilité.
Pourtant, la France freine encore ses propres capacités : instabilité réglementaire, lenteurs administratives, remise en cause des cadres juridiques. On ne peut pas appeler à produire plus en France tout en empêchant la production d’électricité sur le sol français.
Un besoin de stabilité pour tous
Ce que demandent aujourd’hui les producteurs d’électricité renouvelable est à la fois simple et parfaitement légitime.
Nous attendons un cadre réglementaire stable, lisible et durable, qui cesse d’être modifié au gré des alternances politiques ou des controverses passagères. L’industrie ne se construit pas sur l’incertitude permanente.
Nous espérons un soutien politique clair, non pas idéologique, mais stratégique : reconnaître que l’électricité décarbonée est un pilier de la souveraineté industrielle française, au même titre que l’innovation, la formation ou l’investissement productif.
Nous demandons aussi la fin des contre-vérités et fake news qui polluent le débat public sur les énergies renouvelables. Le temps est venu de débattre sur la base de faits, de chiffres et de réalités industrielles, et non de peurs instrumentalisées.
Enfin, nous appelons à davantage de dignité et de responsabilité dans le débat public. L’énergie engage l’avenir du pays, de ses entreprises, de ses emplois. Elle mérite mieux que les postures, les caricatures ou les procès d’intention.
Donnez-nous les moyens de produire correctement. Donnez-nous la capacité d’aller plus vite, plus fort, sur notre sol. Donnons-nous les moyens d’être indépendant des énergies dépassées et de leurs conséquences géopolitiques. Nous serons au rendez-vous, aux côtés de l’industrie française, des territoires et de l’intérêt général.
Car si la France veut produire, innover et rester une grande nation industrielle, elle devra d’abord assumer un choix clair : produire son électricité ici, maintenant, et en responsabilité.
Nicolas Ugalde-Lascorz - Directeur général de VDN