Le faible prix de la recharge, par rapport à un plein d’essence, est un des atouts du véhicule électrique. Mais ce prix restera-t-il bas quand nous roulerons tous à l’électricité? Notre spécialiste vous rassure…
Vous l’avez sans doute remarqué s’il vous est arrivé de recharger une voiture électrique : le prix au kilomètre est beaucoup plus avantageux que celui des moteurs à pétrole. C’est surtout vrai si vous rechargez chez vous, solution la plus intéressante : comme le précise EDF(Nouvelle fenêtre), brancher sa voiture sur une borne à domicile coûte environ trois fois moins cher que sur les bornes publiques. Autres avantages : installer une prise chez soi permet de ne pas faire la queue, et surtout vous pouvez programmer le système pour qu’il ne recharge qu’en heures creuses, lorsque le courant est le moins cher.
Avec un tarif heures creuses, précise l’électricien national, vous payerez environ 0,17 €/kWh, alors que sur une borne publique cela vous coûtera autour de 0,55 €/kWh. Bien sûr, il faut compter l’installation de la borne, qui coûte jusqu’à 1500 €, mais des aides publiques peuvent réduire la facture. Au final, le coût d'une recharge à domicile pour 100 km(Nouvelle fenêtre) se situe entre 2€ et 3,40€, alors que pour une voiture consommant 5 litres aux cent et une essence à 2€ le litre, ce prix est de 10€, soit au moins le triple !
Peu nombreuses, mais en hausse
Oui mais voilà, cet "avantage-prix" demeurera-t-il lorsque nous passerons tous à l’électrique ? Actuellement, le « VE » (comme disent les spécialistes pour « véhicule électrique »), est en effet très minoritaire : seulement 3,5 %(Nouvelle fenêtre) des quelque 40 millions de véhicules particuliers en France, soit un petit million et demi de voitures à batterie. Mais s’il reste bas pour l’instant, ce nombre est en augmentation rapide : sur le début de l’année 2026, les ventes neuves ont bondi(Nouvelle fenêtre) de 48 % ! Par conséquent, il est légitime de se demander si, à terme, il y aura assez de courant pour tout le monde…
« Cette question est pertinente », confirme Cédric Philibert, expert énergie et climat et chercheur associé à l'IFRI(Nouvelle fenêtre), « car on va être tous plus ou moins obligé de passer à la voiture électrique ». En effet, en plus du vélo et des transports en commun, le VE est « la seule façon qu'on a vraiment de décarboner nos transports ».
Rappelons en effet qu’en France, presque un tiers des émissions de gaz à effet de serre(Nouvelle fenêtre) vient des camions et voitures ! Une pollution nuisible pour le climat, et qu'une électrification massive du parc automobile permettrait d'abaisser nettement. Mais le problème, c’est que « quand nous y serons tous, ça fera une demande à peu près d'un quart d'électricité en plus ! »
Je ne serais pas trop inquiet sur l'évolution des prix de l'électricité…
Cédric Philibert - expert énergie et climat et chercheur associé à l'IFRI
Pourtant, précise Cédric Philibert, « je ne serais pas trop inquiet sur l'évolution des prix de l'électricité pour la voiture électrique ». En effet, n’oublions pas que nos voitures particulières « sont immobiles 23 heures sur 24 », ce qui permet de laisser le véhicule branché presque en permanence… et ça change tout : « on pourra se recharger toujours aux heures creuses, aux heures où il y a beaucoup d'énergie dans le système, beaucoup d'électricité éolienne ou solaire ».
Et ça tombe bien : la montée en puissance des éoliennes et des panneaux solaires, si elle a l’avantage de fournir une électricité décarbonée(Nouvelle fenêtre), comporte aussi un inconvénient : la production varie beaucoup, entre les périodes où il y a du vent et du soleil et celles où il n’y en a pas. Par conséquent, prévoit Cédric Philibert, « je suis convaincu qu'on va accentuer les différences de prix entre les heures pleines et les heures creuses » : lors des pics de production du réseau, l’électricité sera très bon marché, et il suffira de programmer nos voitures pour qu’elles ne chargent qu’à ce moment-là.
Le véhicule électrique, nettement moins polluant
Certes, si la recharge est bon marché, la voiture électrique reste au contraire encore trop chère à l’achat, surtout si l’on a besoin d’une batterie avec une autonomie importante. En revanche, tordons le cou à une idée fausse : même en comptant son processus de fabrication(Nouvelle fenêtre), le VE pollue nettement moins qu’une voiture à essence, surtout dans un pays comme la France où l’électricité n’est presque jamais issue du gaz ou du charbon.
Sur toute sa durée de vie, la voiture électrique émet presque quatre fois moins de CO2 qu’un véhicule essence, et même 2,5 fois moins qu’une hybride ! Dans la mesure où les (très coûteuses) catastrophes dues au réchauffement climatique se multiplient, la vulgarisation du moteur électrique est donc un bon investissement d’avenir.
Et pour rester sur les questions d’argent, précisons enfin que le VE augmente notre indépendance énergétique et réduit notre dette : l’électrification du parc auto permet en effet à la France de moins se ruiner en importations de pétrole, que nous achetons actuellement à grands frais à l’étranger…