Dans le Var, l'élargissement du débroussaillement obligatoire suscite la colère des habitants

Dans le Var, l'élargissement du débroussaillement obligatoire suscite la colère des habitants

25/03/2026


 

Dans le Var, les obligations légales de débroussaillement imposent aux habitants des zones exposées aux incendies de nettoyer non seulement leur terrain, mais aussi les abords jusqu’à 50 mètres. Une mesure jugée indispensable par les autorités, mais vécue comme injuste et coûteuse par certains riverains.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


Sur les hauteurs de Toulon (Var)(Nouvelle fenêtre), le quartier du Baou est situé en lisière du massif. Face aux risques d’incendies chaque année, Sandrine Caporusso débroussaille sa parcelle. Mais la loi lui impose aussi de nettoyer autour de sa maison, dans un rayon de 50 mètres, y compris derrière chez elle. Même si ce bois appartient à un particulier, c’est bien à elle d’en débroussailler une partie à sa charge. "C’est titanesque. On nous met devant le fait accompli au bout de, je ne sais pas combien d’années. Il faut le dire au propriétaire du terrain qui n’a jamais rien fait sur son terrain. Ce ne sont pas les gens qui habitent à côté qui doivent entretenir les terrains. On marche sur la tête", confie Sandrine Caporusso.

D’autres habitants du quartier contestent cette obligation, qu’ils jugent trop difficile et trop coûteuse. Franck Gadin précise : "Je ne me vois pas le faire parce que là on ne parle pas de centaines d’euros mais de milliers d’euros, donc économiquement ce n’est pas possible." Daniel Albertini, un autre habitant, ajoute : "Financièrement, je n’ai pas les moyens d’entretenir le terrain de quelqu’un d’autre."

Un enjeu de sécurité et un bilan encore insuffisant

Ces obligations légales de débroussaillement sont définies par les services de l’État. Ce sont les habitants des zones exposées au risque d’incendie qui sont tenus de nettoyer les abords de leurs maisons. Même si la préfecture entend faire de la pédagogie et ne pas sanctionner d’emblée les contrevenants, elle rappelle l’importance cruciale du débroussaillement.

Corinne Henry, cheffe du bureau forêt de la Défense de la Forêt contre les Incendies (DFCI) à la préfecture du Var, souligne : "Si les obligations légales de débroussaillement sont bien réalisées, ils sont en sécurité chez eux. On l’a vu sur le feu de Gonfaron. Quand c’était débroussaillé, neuf maisons sur dix n’ont pas eu de dégâts."

Le traumatisme du feu de Gonfaron

L’incendie de Gonfaron, en août 2021, a marqué les esprits dans le Var : près de 7 000 hectares sont partis en fumée. Le feu de forêt a fait deux morts et détruit de nombreuses habitations.

Depuis, les pompiers du Var ont identifié des secteurs clés à débroussailler en priorité. À Sainte-Maxime, un terrain en pente à proximité d’un lotissement vient d’être nettoyé par la communauté de communes. William Vogl, responsable de la communication des pompiers du Var, précise : "Ici, on est donc dans un couloir de feu où, en plus des obligations légales de débroussaillement qui s’appliquent aux propriétaires, les intercommunalités viennent élargir ces zones de débroussaillement de manière à renforcer encore la sécurité des habitations."

L’an passé dans le Var, sur 2 000 propriétaires contrôlés par les services de l’État, 1 500 n’avaient pas respecté leurs obligations de débroussaillement. 400 d’entre eux ont été verbalisés à hauteur de 200 euros.

france info

Partager sur les réseaux sociaux :

Actualités du salon

Informations

Voir toutes les actus