L'Europe menacée d'hivers polaires au siècle prochain par le ralentissement de l'Amoc, un courant marin affecté par la crise climatique

L'Europe menacée d'hivers polaires au siècle prochain par le ralentissement de l'Amoc, un courant marin affecté par la crise climatique

15/01/2026

Dans les prochaines années, fera-t-il -30°C l'hiver à Strasbourg, et la Seine pourrait-elle devenir une vaste patinoire ? Cette hypothèse scientifique on ne peut plus sérieuse circule. En cause, l'Amoc, un vaste courant marin dont l'effondrement pourrait entraîner des épisodes de froid très intenses durant la période hivernale dans toute l'Europe.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription d'un reportage Vidéo. Cliquez ICI pour la regarder dans son intégralité.


Nous sommes le 27 janvier 2116. Depuis quelques jours, une vague de froid polaire fige la capitale. Cela devient une habitude. À Paris, il gèle maintenant trois mois par an. La température frôle les -20 degrés. La Seine est glacée et tout le nord de la France est frigorifié. L'activité économique est au point mort. De nombreuses routes sont coupées à cause du verglas. La situation devrait durer encore plusieurs jours.

Car en Europe du Nord, les records de froid s'enchaînent. On enregistre -30 à Strasbourg, Berlin ou Edinburgh, et jusqu'à - 50 à Oslo, en Norvège. Ce scénario catastrophe vous paraît irréaliste ? Il ne l'est pas tant que ça. De plus en plus de scientifiques sonnent l'alarme. Au siècle prochain, ces épisodes de froid intenses pourraient s'abattre régulièrement sur le nord de l'Europe. La faute à l'effondrement de l'Amoc.

L'Amoc inquiète les scientifiques

Pour comprendre, nos équipes vous emmènent sur les côtes de l'océan Atlantique. L'Amoc est l'acronyme anglais qui désigne un vaste système de courant marin profond très puissant qui parcourt l'Atlantique et influence directement le climat de notre continent, l'Europe. Dans l'océan Atlantique, les eaux chaudes de surface remontent du Sud vers le Nord. En passant par les tropiques, elles apportent de la chaleur vers l'Europe. C'est ce qui rend nos hivers plus doux, alors que le nord de notre continent se trouve à la même latitude que le Canada.

Mais l'Amoc ne s'arrête pas là. En remontant encore vers le Nord, ces eaux chaudes se refroidissent et se densifient. Plus lourdes, elles s'enfoncent jusqu'à 4 000 mètres de profondeur et repartent pour un long périple vers le Sud et d'autres océans. Sans cette grande boucle, pas d'Amoc. Et sans Amoc, pas d'hiver doux en Europe.

Le problème, c'est que l'Amoc donnerait des signes de faiblesse. Au nord de l'Atlantique, le réchauffement climatique empêche les eaux chaudes de se refroidir, ce qui entrave leur plongée et ralentit toute la boucle. Selon des scientifiques, l'Amoc pourrait s'effondrer au siècle prochain, jusqu'à tomber à 20 % de sa puissance initiale. Les conséquences seraient dramatiques. En hiver, l'océan gèlerait jusqu'aux rivages de l'Europe. La glace de la banquise pourrait même atteindre les côtes de l'Angleterre et des Pays-Bas. Mais tout n'est pas joué. Le sort de l'Amoc dépend de nos émissions de gaz à effet de serre et du réchauffement à venir. Les cartes sont encore entre nos mains, mais peut-être plus pour longtemps.

france info

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