"Les politiques climatiques ont un effet, malheureusement pas encore de faire baisser les émissions mais de les infléchir", explique Robert Vautard, coprésident du Giec, vendredi à franceinfo.
Le scénario le plus pessimiste, qui nous menait à une planète au-delà des cinq degrés de réchauffement climatique à la fin du siècle est désormais "improbable", selon une étude pilotée par le Programme mondial de recherche sur le climat, a appris franceinfo vendredi 8 mai. Ce groupe international de référence, composé d'une quarantaine de scientifiques, a revu les projections climatiques jusqu'à la fin du siècle et a calculé plusieurs évolutions possibles du climat dans les prochaines décennies, selon les efforts qui seront fait, ou non, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Selon la pire de ces nouvelles projections (si les émissions de gaz à effet de serre progressent encore fortement), le réchauffement ne dépassera pas quatre degrés en 2100. "Les politiques climatiques nous écartent des trajectoires les plus fortes, explique le climatologue Robert Vautard, coprésident du Giec. Les politiques climatiques ont un effet", poursuit-il, "malheureusement pas encore de faire baisser les émissions mais de les infléchir".
Parmi les autres scénarios présentés dans cette étude, le plus probable mène la planète à un réchauffement légèrement sous les trois degrés à la fin du siècle. Même avec ce scénario, l'impact est encore "majeur" sur l'humanité, avec des vagues de chaleur, des inondations et des sècheresses, alerte encore Robert Vautard. "Tous ces phénomènes là vont s'amplifier de façon bien plus forte si le thermomètre monte à 3°C d'ici la fin du siècle", avertit-il, insistant sur le fait que l'urgence est toujours là.