La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, signe samedi au Paraguay le traité de libre-échange entre l'Union européenne et les pays du Mercosur.
Une étape de plus. Les pays latino-américains du Mercosur et l'Union européenne signent, samedi 17 janvier, le traité de libre-échange entre les deux régions, après plus de 25 ans de négociations. Le Parlement européen doit encore ratifier ce texte, très décrié, notamment, par les agriculteurs français, qui manifestent depuis des semaines, mais aussi par les défenseurs de l'environnement.
Les ONG environnementales s'insurgent contre ce traité commercial. Il signifie davantage de bateaux de transports de marchandises polluants entre l'Amérique du Sud et l'Europe mais il représente également une menace pour les forêts. À commencer par l'emblématique forêt amazonienne, déjà grignotée depuis des décennies et remplacée par des pâturages pour l'élevage bovin.
Ce phénomène destructeur va s'accentuer à cause du traité de libre-échange, explique Julien Rivoire, chargé de campagne agriculture chez Greenpeace France : "Actuellement, 90% de la déforestation est due à l'élevage bovin. Cet accord, en réduisant les droits de douane, va favoriser les échanges, va favoriser la vente du secteur bovin et donc accroître la production. Par conséquent, c'est davantage encore de déforestation induite par cet accord dans les années à venir."
Un rapport, commandé à l'Inrae et rendu au gouvernement français en 202, alerte sur le fait que ce traité de libre-échange risque d'entraîner une hausse de 5% de la déforestation dans les prochaines années. Une étude de l'association de défense des forets Canopée évoque, elle, 700 000 hectares menacés dans la forêt amazonienne, celle du Gran Chaco plus au sud mais aussi dans la savane du Cerrado au Brésil.
Des conséquences pour la biodiversité
À elle seule, l'Amazonie abrite 40 000 espèces de plantes, 3 000 de poissons d'eau douce et plus de 370 de reptiles. "Ces forêts sont une richesse pour l'humanité, souligne Julien Rivoire de Greenpeace. L'Amazonie, c'est 10% de la biodiversité mondiale, c'est un bien commun qu'il faudrait préserver. Et donc cet accord du Mercosur pourrait constituer une atteinte très grave à l'écosystème. Et, ne l'oublions pas, aux populations qui y résident."
Les peuples autochtones qui vivent en Amazonie sont déjà victimes de la déforestation, de violences, d'expropriation au bénéfice de l'agro-industrie, notamment au Brésil. Enfin, ces forêts sont des puits de carbone, c’est-à-dire qu'elles captent une partie du CO2 rejeté dans l'atmosphère, une aide indispensable dans la lutte contre le réchauffement climatique. Cette aide est aujourd’hui menacée et le sera d'autant plus si le traité de libre-échange entre en vigueur, conclut Greenpeace.