Face à l’urgence du réchauffement climatique, pourquoi Rennes doit se végétaliser davantage ?

Face à l’urgence du réchauffement climatique, pourquoi Rennes doit se végétaliser davantage ?

04/02/2026

Chaque été, la Ville installe un ciel de plastique rue Le Bastard pour diminuer l’impact de la chaleur. Une mesure parfois qualifiée de « pansement » dans un centre-ville ultra-minéral. (Le Télégramme/Éloïse Duchesnay)

30 000 arbres plantés en six ans. L’objectif est presque tenu. Une nécessité alors que le changement climatique va s’accentuer d’ici 2040. Le défaut d’anticipation sur la question climatique ces quinze dernières années devra être corrigé pour les quinze prochaines.

Avec 30 000 arbres supplémentaires entre 2020 et 2026 -24 200 à ce jour- la capitale bretonne ressemblera-t-elle, en 2040, à une version urbaine de l’Amazonie, à la fois puits de carbone et climatiseur naturel, quand ces jeunes baliveaux seront devenus de robustes végétaux ? La question est complexe. D’abord parce que pour ces milliers de plants, des dizaines de vieux arbres ont été détruits. Un arbre mature est compensé par « 300, voire 400 arbrisseaux », estime Pascal Branchu, président de l’association La Nature en ville.

71 % des espèces d’arbres sont menacées de disparition en ville en 2050

Il faut aussi prendre en compte le temps pour que le jeune plan passe dans le « camp » des arbres capables d’apporter un vrai ombrage et d’absorber une quantité de carbone significative. Entre cinq et dix ans selon les essences. Moins que la période qui sépare 2026 de 2040. Sauf que, d’après différentes observations menées dans plusieurs villes, environ 30 % des arbrisseaux succombent dans les premières années de leur plantation, en raison de carences d’arrosage. Pire, selon une étude parue en 2022 dans la revue Nature climate change, 71 % des espèces sont menacées de disparition dans plusieurs grandes villes françaises à l’horizon 2050.

La ville est un milieu hostile pour l’arbre si les conditions de sa survie ne sont pas respectées. « À Villejean, l’aspect minéral prive les grands arbres d’un bon sol et de lumière, illustre Pascal Branchu. Dernièrement un arbre est tombé et tous les arbres sont désormais penchés (…). Leur système racinaire reste peu développé et ça tombe les uns après les autres. »

500 arbres plantés dans le centre de Rennes

En outre, les nouvelles implantations sont très sectorisées. Dans le centre, seuls 500 arbres ont été plantés depuis 2020. Et, la Ville est contrainte d’utiliser parfois des « pansements » pour faire baisser la température, comme le ciel de plastique qui recouvre la rue Le Bastard l’été.

Rennes se sert pourtant de la règle des « 3-30-300 » comme référentiel dans sa politique de l’arbre. Concrètement, tout habitant devrait voir trois arbres de sa fenêtre, la canopée devrait représenter 30 % de la surface de la ville et la distance maximale séparant un habitant du premier espace de fraîcheur ne devrait pas excéder les 300 m.

Certains secteurs, même récents, ne répondent pas à toutes ces exigences, à l’instar d’EuroRennes. Imaginé il y a quinze ans, le quartier d’affaires est aujourd’hui dénoncé pour sa minéralité. Plusieurs ensembles sortis de terre récemment sont par ailleurs « verdis » en mode « sauve-qui-peut ». Exemple la placette minérale devant la station Jacques-Cartier. Une micro-forêt y a été plantée en 2023, quatre ans après sa livraison. Le manque d’anticipation d’il y a dix-quinze ans servira-t-il de leçons pour les projets urbains des quinze prochaines années ? Une chose est sûre, il y a urgence. En 2040, les températures devraient se situer 2 degrés au-dessus des valeurs de l’ère préindustrielle

le telegramme

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