Plantation d'arbres, collecte de déchets : Mikaël Silvestre, ancien défenseur de l'équipe de France et touche-à-tout au service de l'environnement

Plantation d'arbres, collecte de déchets : Mikaël Silvestre, ancien défenseur de l'équipe de France et touche-à-tout au service de l'environnement

09/02/2026

Retraité depuis 2014, Mikaël Silvestre multiplie les projets depuis la fin de sa carrière de joueur, entre fonctions à la FIFA, agence de conseil et marque de rhum. L'ancien international français va désormais consacrer une partie de son temps à la défense de l'environnement.

Il a raccroché les crampons sur une ultime expérience en Inde. Le 9 décembre 2014, Mikaël Silvestre disputait le dernier de ses 543 matches professionnels, avec le Chennaiyin FC. À peine sa carrière terminée, il devenait conseiller spécial du président René Ruello à Rennes, son club formateur. L'expérience durera un an et demi. Le vainqueur de la Ligue des champions 2008 avec Manchester United, période Cristiano Ronaldo, quittera ses fonctions en décembre 2016.

Et depuis ? Silvestre s'est fait discret. Son nom a bien refait surface en septembre dernier, lorsqu'il était annoncé conseiller sportif à Cluj, en Roumanie. Une information qu'il relativise aujourd'hui : « Je ne sais pas d'où ça vient, car c'était vraiment quelque chose de ponctuel, ce n'était que des missions de consulting. » S'il a créé sa marque de rhum dès 2011, l'ancien international français (48 ans, 40 sélections) n'a jamais vraiment rompu avec le football. Après la Bretagne, il enchaîne au Royaume-Uni avec un poste de directeur du football pour Sport Invest UK, une agence internationale de gestion de carrières de footballeurs basée à Londres.

Il y reste trois ans, avant de partir pour Dubaï, aux Émirats arabes unis, où il fonde Talent Lyfe. L'agence accompagne des sportifs, notamment des footballeurs, dans la gestion de leur carrière, de leurs contrats, mais aussi dans leurs opportunités de transfert ou de reconversion. « Ça s'est arrêté », se contente-t-il d'expliquer depuis Rome, où il s'est installé l'année dernière. « Il fallait qu'on retourne en Europe pour se rapprocher de la famille. »

« Quand j'étais joueur, l'environnement et le réchauffement climatique n'étaient pas des sujets. On n'en parlait pas du tout dans le vestiaire » - Mikaël Silvestre

Mais aussi de la FIFA, dont il est ambassadeur pour la lutte contre le racisme depuis un an. « Je vais à la rencontre de joueurs ou de joueuses impactés par le racisme. Il est important d'en discuter et de les soutenir », explique-t-il. Il s'est notamment déplacé en Angleterre et en Allemagne. « On va aussi à la rencontre des associations, des fédérations et des ligues », poursuit-il, tout en travaillant « sur la partie réseaux sociaux ».

Loin de Dubaï, il va aussi s'engager pour la protection de l'environnement. Le finaliste de la Coupe du monde 2006 avec les Bleus est aujourd'hui ambassadeur du Planet Sporting Club, un fonds de dotation destiné aux athlètes souhaitant agir contre les dérèglements écologiques et promouvoir la régénération du vivant. Une démarche qu'il avait découverte dès sa carrière de joueur, à Portland, en 2013. « Ce sont mes premières actions sur le terrain, avec les Timbers. Nous avions planté des arbres. »

La prise de conscience, toutefois, viendra plus tard. « Quand j'étais joueur, l'environnement et le réchauffement climatique n'étaient pas des sujets. On n'en parlait pas du tout dans le vestiaire. » Pas de déclic précis, donc, mais un cheminement progressif, nourri par des « discussions ». « Quand on échange avec d'autres joueurs, ils sont intéressés dès qu'on aborde la question de l'empreinte carbone, avec tous les déplacements effectués pendant notre carrière », observe-t-il. Il a aujourd'hui pris la mesure de « l'urgence climatique ».

Un programme permettant aux athlètes de participer à des actions écologiques

Il en parle à Benjamin Adler, une connaissance de longue date. Un échange opportun, puisque l'ancien communicant a lancé le Planet Sporting Club en 2021. Cinq ans plus tard, il a conçu Terre au centre, un programme permettant aux athlètes de financer et de participer à des actions concrètes en France, en lien avec des associations partenaires. « On leur propose un véhicule efficace, collectif et concret pour se mobiliser en faveur de l'environnement, explique Adler. Ils peuvent donner de leur influence via les réseaux sociaux, de leur temps sur le terrain, et de l'argent, à travers une dotation financière qui sera ensuite reversée à nos associations partenaires. »

Toutes les formules sont possibles. Vingt-deux athlètes ont déjà rejoint le programme, parmi lesquels Rudy Gobert, pivot star des Minnesota Timberwolves en NBA, Kevin Tillie, double champion olympique de volley, les anciens internationaux Mickaël Gelabale (basket), Jessica Houara et Frédéric Piquionne (football). « On se lance à peine et on espère que ce mouvement prendra de l'ampleur dans l'année », confie Benjamin Adler, qui vise « 100 000 euros de dons dès 2026 » et les « 10 000 citoyens engagés ».

« L'idée, c'est de montrer l'exemple aux jeunes générations et aux autres footballeurs » - Mikaël Silvestre

Les athlètes participants n'ont aucune obligation d'engagement public. « S'ils préfèrent qu'il n'y ait aucune caméra quand ils participent à une action parce qu'ils ne s'estiment pas légitimes et veulent éviter les accusations de greenwashing, c'est ok. On part du principe qu'avant de s'engager publiquement, il faut déjà s'engager tout court. »

Mikaël Silvestre, lui, a opté pour la formule intégrale. Il sera notamment présent en mai dans la région bordelaise pour planter des arbres aux côtés de l'association Planteurs. « Je sais que ce n'est pas grand-chose, mais c'est concret et faisable immédiatement. » Il envisage également de participer à une collecte de déchets sur une plage.

« L'idée, c'est de montrer l'exemple aux jeunes générations et aux autres footballeurs. On peut changer les choses. Chacun peut mener des actions ! » Espérant ainsi « contribuer à faire évoluer les mentalités » et transformer les athlètes, en activité comme à la retraite, en acteurs de la transition écologique.

l'equipe

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