Les objectifs énergétiques de la France à 2035 enfin dévoilés

Les objectifs énergétiques de la France à 2035 enfin dévoilés

18/02/2026

Avec plus de deux ans de retard, le Gouvernement fixe les objectifs de la politique énergétique française, filière par filière. © Benoît

Le Premier ministre a présenté, ce jeudi, les grands objectifs de la politique énergétique française à l'horizon 2035. Depuis plusieurs mois, les différentes filières retenaient leur souffle, face aux scénarios qui filtraient.

C'est la fin d'une très longue attente. Avant sa publication par décret, vendredi 13 février, le Premier ministre a dévoilé, ce jeudi, les grandes lignes de la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). Avec plus de deux ans de retard, le Gouvernement fixe donc les objectifs de la politique énergétique française, filière par filière.

Les grands objectifs restent les mêmes que lors de la consultation menée fin 2024 : 60 % d'énergie décarbonée consommée en 2030 (contre 42 % en 2023) et 34 % d'électricité dans le mix consommé (contre 27 % aujourd'hui). L'objectif à 2035 est d'atteindre 70 % d'énergie décarbonée (dont 650 à 683 térawattheures d'électricité). La consommation de fossiles devrait passer de 900 TWh, en 2023, à 330 TWh, en 2035.

Pour y parvenir, la PPE table sur une électrification massive des usages, avec la présentation prochaine d'un plan d'électrification « ambitieux » pour « synchroniser consommation et production sur le long terme ». Pour rappel, les derniers scénarios présentés par RTE, en décembre dernier, actaient une consommation électrique atone et une situation de surcapacité électrique. Situation jugée temporaire par le gestionnaire du réseau, dans l'attente de la concrétisation des grands projets d'électrification. Néanmoins, devant l'incertitude du rythme d'électrification des usages, la PPE3 prévoit pour la première fois une clause de revoyure et ce, dès 2027.

Plus de nucléaire, moins d'ENR et des calendriers décalés

Mais d'autres variables ont bougé, notamment les cibles par filière.

Le nucléaire se voit renforcé. Alors que le Gouvernement tablait, en 2024, sur une fourchette de production comprise entre 360 et 400 TWh, le décret fixera un objectif rehaussé compris entre 380 et 420 TWh de production nucléaire, en misant sur une optimisation du parc existant et une prolongation de la durée de vie des réacteurs à cinquante ou soixante ans. Pour rappel, la précédente PPE prévoyait la fermeture de 14 réacteurs.

Les ENR voient leurs objectifs abaissés, par rapport à ceux envisagés en 2024. Malgré une « accélération » annoncée sur l'éolien en mer, l'objectif à 2035 est abaissé à 15 gigawatts (GW) installés, contre 18 GW initialement prévus. Cet objectif est repoussé à 2037, « afin de mieux intégrer les réalités industrielles, notamment celles liées au raccordement des parcs au réseau électrique ». Le document annonce également un appel d'offres de 250 mégawatts (MW) pour l'hydrolien au raz Blanchard (Manche).

Le document table sur « une évolution raisonnée du photovoltaïque », avec un objectif revu à la baisse à 48 GW, en 2030, (contre 54 à 60 GW initialement prévus) et 55 à 80 GW, en 2035, (contre 75 à 100 GW). En 2025, le parc solaire a atteint 24 GW.

Pour l'éolien, l'objectif cible est fixé à 31 GW, en 2030, (contre 33 à 35 GW) et entre 35 et 40 GW, en 2035, (contre 40-45 GW), en misant avant tout sur le renouvellement des parcs existants. Le parc actuel est de 24 GW.

Alors que les filières s'inquiétaient d'une remise en cause des modalités de soutien, le Gouvernement « a décidé de maintenir stable les objectifs d'octroi de soutien public par appel d'offres inscrits dans la PPE2 pour les énergies renouvelables terrestres jusqu'en 2028 », indique le dossier de presse publié par Bercy.

La PPE mise également sur la relance des investissements dans l'hydroélectricité, permis par une probable fin de contentieux avec l'Europe. L'objectif est donc d'augmenter de 2,8 GW les capacités des barrages existants (optimisation et suréquipement), dont 1,7 GW de stations de transfert d'énergie par pompage (Step).

Enfin, la capacité de production d'hydrogène par électrolyse ciblée est de 8 GW en 2035 (contre 10 GW initialement prévus) pour tenir compte du « décalage du marché ».

En revanche, les objectifs de développement de chaleur renouvelable et de récupération sont assez similaires à ceux envisagés en 2024 : 328 à 421 TWh, en 2035, (contre 330-419 TWh) et 2,5 à 3 TWh pour le froid. Idem pour le biogaz : 47 à 82 TWh, en 2035, (contre 50-85 TWh). L'objectif pour les biocarburants reste inchangé (70 à 90 TWh en 2035).

actu-environnement

Partager sur les réseaux sociaux :

Actualités du salon

Informations

Voir toutes les actus