Dans les Pyrénées-Orientales, les eaux usées au secours des agriculteurs

Dans les Pyrénées-Orientales, les eaux usées au secours des agriculteurs

15/09/2026

Des eaux usées pour arroser des vignes et des vergers : c'est la solution testée dans les Pyrénées-Orientales face à la sécheresse qui sévit, particulièrement importante dans le département.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.


Au pied des Pyrénées, à Palau-del-Vidre (Pyrénées-Orientales), dans une zone fortement affectée par la sécheresse(Nouvelle fenêtre), Benjamin Guertin, producteur de pêches, n'a désormais plus peur d'arroser. Aucune restriction pour lui depuis plusieurs semaines grâce à de l'eau usée réutilisée. "Il n'y a pas d'odeur, il n'y a pas de matière. On voit vraiment que l'eau est limpide", constate-t-il.

Donner une seconde vie à l'eau

Avant d'irriguer ses parcelles, l'eau vient d'une station d'épuration à Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales). Dans les cuves, celle des toilettes, douches, la vaisselle de la région. Plus de 10 000 mètres cubes par jour y transitent en période touristique. Des quantités importantes, désormais réexploitées par la collectivité. "Cette eau, jusqu'à maintenant, a été rejetée en mer sans réutilisation supplémentaire, donc on ne donnait pas de seconde vie. Là aujourd'hui, l'idée, c'est vraiment de donner une seconde vie à cette eau", explique Marion Galaup, directrice de la régie des eaux Albères Côte Vermeille – Illibéris.

Cette seconde vie commence dans la plus importante usine de traitement de France, à destination de la filière agricole. L'eau est d'abord traitée pour lui enlever les dernières impuretés, avant d'être filtrée encore plus finement. "À l'intérieur, c'est ça qui fait vraiment la filtration de l'eau. En fait, ce sont des tout petits tuyaux poreux. L'eau passe de l'extérieur à l'intérieur et on filtre à 0,015 microns. Ça représente à peu près 5 000 fois plus petit qu'un cheveu", détaille Mélanie Lemesre, chargée de projet de la régie des eaux Albères Côte Vermeille – Illibéris.

Un pari pour les agriculteurs

Les 17 kilomètres de canalisation permettent ensuite de fournir jusqu'à 56 agriculteurs. Pour pouvoir rentabiliser le projet, les producteurs ont dû s'engager sur 40 ans, et doivent payer leur eau plus chère qu'avant. Pour Benjamin Guertin, cela représente environ 35 000 euros par an pour 150 000 mètres cubes. "Ce qui m'a convaincu, c'est de pouvoir dormir la nuit parce que je sais que je peux arroser. Qu'est-ce qui vaut mieux ? Est-ce qu'il faut mettre la main au portefeuille ou perdre des récoltes ? Pour moi, la question s'est pas posée", affirme-t-il.

Un second souffle pour cette eau, pour l'heure uniquement autorisée aux pieds des arbres, mais qui pourrait bientôt servir pour le maraîchage et le lavage de voirie.

france info

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