Enfin la pluie après trois années de sécheresse dans les Pyrénées-Orientales !

Enfin la pluie après trois années de sécheresse dans les Pyrénées-Orientales !

13/01/2026

À Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), l’arboriculteur Denis Basserie observe avec satisfaction les flaques qui se sont formées au pied des jeunes oliviers plantés en octobre. LP/Nelly Barbé

Les trombes d’eau tombées il y a quelques jours ont rechargé les nappes phréatiques et redonnent espoir à tout un département. Un moment de répit « qui ne doit pas faire illusion » pour autant.

On ne pouvait pas faire mieux : entre le 25 et le 27 décembre 2025, il est tombé dans les Pyrénées-Orientales l’équivalent d’un mois et demi de pluie. Un cadeau de Noël inespéré pour ce département assoiffé, confronté depuis trois ans à une sécheresse sévère.

« La sécheresse est enrayée », n’hésite pas à affirmer Nicolas Garcia, président du syndicat des nappes de la plaine du Roussillon. Sur la zone de Perpignan-Rivesaltes, « il a plu en décembre autant que toute l’année 2023, soit près de 400 mm, ce qui fait de ce mois le plus pluvieux jamais enregistré dans notre département depuis le début des relevés ».

Outre la terre largement abreuvée en surface, « les nappes superficielles du Quaternaire ont été rechargées, ce qui retardera le moment de pomper dans celles, plus profondes, du Pliocène. Au printemps, la fonte des neiges, tombée en grande quantité ces dernières semaines, alimentera les barrages. On va être tranquilles au moins jusqu’au début de l’été », poursuit celui qui est aussi vice-président du conseil départemental chargé de l’eau.

« On va pouvoir être serein au moins jusqu’en juin »

Du côté des agriculteurs, le soulagement est palpable. « Pour le vignoble c’est bien. Ma plus grande joie a été de prévenir tout le monde qu’il sera impossible d’entrer dans les parcelles avant le 10 janvier tellement la terre est détrempée ! » sourit Jean-Marc Lafage, à la tête du domaine éponyme et de ses 250 hectares de vignes répartis sur cinq terroirs différents. « Nous sortions d’un automne encore très sec et le retour des restrictions d’eau était déjà évoqué par la préfecture. Là, on va pouvoir être serein au moins jusqu’en juin, d’autant que nos sols retiennent mieux l’eau grâce à l’agriculture régénérative que nous pratiquons depuis plusieurs années. »

À Rivesaltes, l’arboriculteur Denis Basserie observe avec satisfaction les flaques qui se sont formées au pied des jeunes oliviers plantés en octobre. « Avant, j’avais près de sept hectares d’abricotiers. Ils sont tous morts à cause de la sécheresse entre 2023 et 2024. J’ai choisi l’olivier car il est moins gourmand en eau et il peut survivre à une année sans pluie ». Mais lorsqu’il regarde le passage à gué de Rivesaltes sur lequel passe le fleuve Agly désormais fougueux, l’agriculteur ne peut s’empêcher de pester. « Toute cette eau qui part à la mer, pour nous agriculteurs, ce n’est pas concevable », confie-t-il.

« Lorsqu’il pleut l’équivalent d’un an de pluie en un mois, une bonne partie ne profitera pas aux agriculteurs et partira directement à la mer, d’autant qu’en décembre, le règlement des barrages, qui sont des écrêteurs de crues, ne nous permet pas de stocker autant que nous voudrions », confirme Nicolas Garcia.

Cet épisode de pluie salvateur ne doit pas faire illusion, insiste-t-il : « Le changement climatique est plus que jamais une réalité. Il faut profiter de ce moment de répit pour accélérer sur la mise en place et le financement du plan de résilience pour l’eau ». Sur la table des discussions : le stockage, la réutilisation des eaux usées traitées, une gestion plus fine des barrages, l’extension du tuyau du Rhône, etc.

le parisien

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