Un accord conclu mardi entre biologistes médicaux et Assurance maladie prévoit le remboursement du dépistage du cadmium en laboratoire, une mesure attendue face à une exposition à ce polluant jugée préoccupante en France
est un premier pas important pour les victimes du cadmium. Un accord conclu, ce mardi, entre les biologistes médicaux et l’Assurance maladie ouvre la voie au remboursement du dépistage du cadmium en laboratoire de ville. Ce test, qui mesure l’exposition à ce métal toxique, pourrait être pris en charge dans les prochains mois après validation par les autorités compétentes.
Selon les syndicats, « un accord a été trouvé mi-mars, dans le cadre de la commission de hiérarchisation des actes de biologie médicale », pour intégrer le dosage sanguin et urinaire du cadmium aux actes remboursés. Le tarif est fixé à 27,50 euros, avec une prise en charge de 60 % par l’Assurance maladie et 40 % par les complémentaires santé, a précisé François Blanchecotte.
Bombe sanitaire : Le cadmium c'est quoi ?
Des engagements politiques l’an dernier
Cette avancée fait suite aux engagements pris en juin 2025 par Yannick Neuder, alors ministre de la Santé. « C’est désormais en passe de devenir réalité. L’Assurance maladie et les syndicats de biologie médicale ont conclu un accord sur le tarif de ce test. La Haute Autorité de santé (HAS) avait aussi recommandé une prise en charge de longue date ! », a-t-il écrit sur X.
Un mécanisme de régulation est prévu par les signataires. Si le nombre de dépistages du cadmium dépasse celui des tests du plomb, une renégociation du tarif devra être engagée afin de maîtriser les volumes, a indiqué François Blanchecotte, président du syndicat représentatif SDBIO.
En attente de validation par les instances
L’accord doit encore être validé par plusieurs instances, dont le conseil de l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam), avant publication au Journal officiel. Cette procédure prend « généralement » « deux à trois mois », selon Jean-Claude Azoulay, président du syndicat SNMB.
Ce dispositif intervient dans un contexte sanitaire préoccupant en raison de la pollution à ce métal. En 2025, près de la moitié des Français présentaient des niveaux d’exposition au cadmium supérieurs aux valeurs de référence, selon l’Anses, qui évoque « une imprégnation préoccupante à tout âge et dès le plus jeune âge ». La HAS recommande, dans une note de 2024, un dépistage ciblé des personnes « potentiellement surexposées au cadmium du fait de leur lieu de résidence ».