Le secteur du logement et de la construction et l’environnement en France - État des connaissances en 2025

Le secteur du logement et de la construction et l’environnement en France - État des connaissances en 2025

09/04/2026

Le secteur du logement et de la construction exerce de fortes pressions sur l’environnement, tant lors de la réalisation des bâtiments que dans le cadre de leur usage quotidien. Il est à l’origine d’une exploitation intensive des ressources naturelles, d’importantes émissions de gaz à effet de serre et de polluants, ainsi que de la production de déchets. Par ailleurs, l’artificialisation des sols altère durablement les paysages et la biodiversité, ainsi que la capacité des sols à stocker du carbone et à retenir les eaux de pluie. Face à ces enjeux, plusieurs politiques environnementales ont été mises en place : la loi « Zéro artificialisation nette » vise à limiter l’étalement urbain, la réglementation environnementale 2020 encourage la décarbonation des usages et de la construction, la filière « Responsabilité élargie du producteur » des produits et matériaux de construction a pour objectif d’améliorer la collecte et la valorisation des déchets ainsi que développer l’écoconception.

La France compte 38,3 millions de logements

Au 1er janvier 2025, le parc de logements se compose de résidences principales (82,6 %), de résidences secondaires (9,9 %) et de logements vacants (7,7 %). Il comprend 54,4 % de logements individuels et 45,6 % de logements collectifs. Les résidences principales sont occupées à 57,4 % par des propriétaires, à 40,4 % par des locataires et à 2,2 % par des logés gratuitement. Le parc de logements ordinaires augmente de 0,79 % en un an soit 300 000 logements supplémentaires. Cette hausse plus faible qu’en 2023 s’inscrit dans la tendance de ralentissement observée depuis 2006, tendance accentuée par la dégradation de l’activité immobilière depuis 2022.

En France métropolitaine, l’empreinte foncière médiane liée au logement s’élève à 77 m2 dans les grands centres urbains en 2022, contre 676 m2 dans les bourgs ruraux et 2 132 m2 dans les communes rurales les moins denses. Ces écarts s’expliquent notamment par le type de logement, principalement collectif en milieu urbain et individuel en milieu rural, ainsi que par la disponibilité du foncier. La tendance est toutefois à une réduction de la consommation d’espace dans l’ensemble des territoires, particulièrement en milieu rural : la surface médiane des terrains des logements construits entre 2019 et 2022 y est inférieure de 36 % à celle des logements construits entre 1971 et 1990.

Les minéraux non métalliques utilisés constituent le principal poste d'extraction de matières premières

En 2023, l’extraction de minéraux non métalliques en France s’élève à 427 millions de tonnes (Mt) principalement destinés à la construction de bâtiments et aux travaux publics (sable et gravier, craie, ardoise, pierres ornementales). Ce volume recule de 2 % par rapport à 2022 alors que la surface totale de plancher des logements et locaux mis en chantier s’est contractée de 20 %. Les minéraux de construction extraits sont très majoritairement constitués de sable et graviers, loin devant les pierres calcaires et gypses (11 Mt).

En 2007, l’extraction a culminé à 458 Mt dans un contexte de fort dynamisme de la construction avant de nettement reculer jusqu’en 2015 (328 Mt) à la suite de la crise financière de 2008. La forte hausse en 2019 (+ 25 %) a permis un retour à des niveaux proches de ceux d’avant 2007, bien supérieurs à la moyenne observée sur la période 2010-2019 (367 Mt). La quasi-totalité des minéraux non métalliques extraits est utilisée en France avec seulement 3 % à 4 % exportés, volume équivalent aux importations.


Quantités extraites de minéraux non métalliques utilisés dans la construction et surface de plancher des logements et locaux non résidentiels mis en chantier de 2000 à 2023
En indice base 100 en 2015

© SDES

Note : les minéraux non métalliques utilisés dans la construction sont le sable et le gravier et dans une moindre mesure l’ardoise, la craie, les pierres ornementales.
Champ : France.
Sources : SDES, base Sitadel ; Insee, Enquête annuelle de production


La structuration géographique du secteur de la construction reste marquée par un fort ancrage local. Par exemple, l’extraction de granulats se fait dans les départements où la dynamique de construction en matière de surface de planchers construits est la plus vive.


Extraction de granulats en France (carte à gauche) et surfaces des logements neufs et locaux non résidentiels mis en chantier de 2021 à 2022 (carte à droite)

© SDES

Notes : les granulats sont des matériaux principalement minéraux, utilisés dans a construction d’ouvrages de génie civil et de bâtiment. Ils sont constitués de fragments de roche, de gravier, de sable ou de matériaux recyclés, obtenus par extraction et/ou concassage.
Champ : France métropolitaine.
Source : Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction, enquête statistique annuelle

Le secteur de la construction génère la quasi-totalité des déchets minéraux

En 2022, le secteur de la construction en France a produit 247 millions de tonnes (Mt) de déchets, soit environ 70 % de la totalité des déchets générés dans le pays, par les ménages et les activités économiques hors nucléaire. Ce niveau excède légèrement celui de 2018 et plus franchement celui de 2020 (+ 16 %). La quasi-totalité de ce gisement provient de déchets minéraux non dangereux (96 % du total national) comme les terres et cailloux, les gravats, bétons, tuiles ou briques, le plâtre. Le secteur a aussi produit 14 Mt de déchets non minéraux non dangereux représentant 15 % du total national de cette catégorie de déchets. Il s’agit de matériaux comme le bois, le plastique, le verre ou les métaux. Ces déchets, générés lors de l’aménagement intérieur ou de la préfabrication, peuvent être valorisés mais requièrent des filières de tri plus complexes. Enfin, la construction est à l’origine de 3 Mt de déchets dangereux en 2022, soit 27 % de ce type de déchets. Ceux-ci comprennent par exemple des matériaux contenant de l’amiante, des terres ou gravats pollués par des hydrocarbures, des solvants, peintures ou autres produits chimiques utilisés sur les chantiers.

Sur longue période, la production de déchets du secteur de la construction a diminué de 5 % entre 2010, où elle culminait à 261 Mt, et 2022. En revanche, la production de déchets dangereux s’est nettement accrue (+ 19 %, soit + 481 milliers de kg).

Face à ces quantités, une gestion durable des déchets issus de la construction s’avère indispensable. En 2022, 81 % des déchets minéraux non dangereux ont été valorisés sous forme de recyclage matière ou de remblaiement.

La fabrication des matériaux de la construction alourdit son empreinte carbone

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la construction, comptabilisées dans l’inventaire national se limitent aux seules sources de combustion mobiles comme les engins mobiles non routiers, alors que l’empreinte carbone tient compte de toute la chaîne de valeur. Celle relative à la construction atteint 63,1 Mt CO2 éq en 2024, soit 14 % de l’empreinte carbone totale de la France (hors émissions des ménages), contre 1 % pour les émissions nationales de GES. Cet écart s’explique par l’utilisation de matériaux fortement carbonés comme le ciment, l’acier ou le verre. En 2023, les produits minéraux non métalliques représentent ainsi à eux seuls 20 % de l’empreinte de la construction, les produits métalliques et métallurgiques de 6 % à 7 % chacun.


Empreinte carbone de la demande finale française dans la construction
En millions de tonnes CO2 équivalent (axes de gauche et de droite)

© SDES

Champ : France.
Source : Insee, SDES, Empreinte carbone de la France

L'habitat représente 45 % des surfaces artificialisées en 2023

En 2023, selon l’enquête Teruti du ministère chargé de l’Agriculture, 8,4 % du territoire français est artificialisé (9,5 % pour la France métropolitaine). L’usage résidentiel représente 45 % des surfaces artificialisées en France, soit 2,4 millions d’hectares (Mha). Parmi ces surfaces, 0,8 Mha est imperméabilisé, ce qui correspond à 35 % du total des sols imperméabilisés. Les transports et infrastructures constituent le deuxième poste d’artificialisation couvrant 1,6 Mha dont 54 % sont imperméabilisés.

Les surfaces artificialisées se situent principalement dans les départements urbanisés et ceux du littoral (85 % des sols à Paris, entre 74 % et 83 % en petite couronne ; entre 12 % et 15 % de la Gironde au Finistère ; 18 % pour les Bouches-du-Rhône). Les communes hors influence des villes comptent la surface artificialisée par habitant la plus élevée (2 170 m2/hab en 2021), nettement plus qu’en périurbain (1 140 m2/hab), ou que dans les pôles urbains (320 m2/hab).


Part des sols artificialisés en 2023 en pourcentage des surfaces par département

© SDES

Note : les pourcentages sont estimés en moyenne triennale à partir des collectes Teruti 2022 - 2023 - 2024.
Champ : France métropolitaine.
Source : Agreste, Enquête Teruti


Entre 2009 et 2023, 63 % de la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers (ENAF), telle que mesurée par le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema), a concerné l’habitation, suivie des activités économiques (23 %, commerces, logistique, industrie…), des infrastructures routières (7 %) et ferroviaires (1 %). Après une forte baisse entre 2009 et 2015 (de 19 500 ha/an entre 2009 et 2011 à 13 000 ha/an en 2015), le rythme de consommation d’ENAF liée à l’habitat s’est stabilisé autour de 13 460 ha/an jusqu’en 2022. Selon l’Insee, l’augmentation du nombre de résidences principales (+ 8,8 % entre 2009 et 2019) expliquerait les deux tiers de la consommation d’espaces liée à l’habitat, devant la hausse du nombre des logements vacants et des résidences secondaires.

La consommation d’espaces pour l’habitat est très concentrée : 5 % des communes représentent 31 % de cette consommation entre 2009 et 2023, selon le Cerema. Cette concentration est encore plus forte pour les activités économiques avec 5 % des communes regroupant 52 % de la consommation nationale.

L'usage des bâtiments résidentiels a réduit de 42 % ses émissions de GES depuis 1990

L’inventaire des émissions de gaz à effet de serre sur le territoire, réalisé par le Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (Citepa), regroupe dans le secteur « résidentiel » tous les usages liés à l’occupation et à l’utilisation des logements par les ménages (chauffage, production d’eau chaude, cuisson…) mais exclut les émissions indirectes liées à la production d’électricité et de chaleur commercialisée qui sont comptabilisées dans l’industrie de l’énergie. En 2024, les émissions du secteur résidentiel en France atteignent 35,5 millions de tonnes équivalent CO2 (Mt CO2 éq), leur niveau le plus bas depuis le début des enregistrements en 1990, soit 10 % du total des émissions brutes territoriales.

Depuis 1990, les émissions ont reculé d’environ 42 %, un mouvement principalement engagé après le pic de 2004. Au cours des 20 dernières années, la tendance est nettement à la baisse, avec des reculs marqués lors des hivers doux : - 22 % en 2014, - 19 % en 2022, - 8 % en 2023. En moyenne, les émissions diminuent de 7 % par an depuis 2004.

Les émissions du résidentiel ont été quasiment réduites de 45 % entre 2010 et 2024 grâce à l’amélioration des performances thermiques et la décarbonation de l’énergie permise par l’électrification des modes de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire : la part des énergies fossiles dans le chauffage résidentiel a nettement reculé sur la période récente, passant de 51 % en 2019 à 43 % en 2023, selon le Centre d'études et de recherches économiques sur l'énergie (Ceren).


Émissions de GES du secteur résidentiel et du tertiaire
En millions de tonnes CO2 équivalent
Indice de rigueur base 1

© SDES

Note : l’indice de rigueur climatique est le rapport entre un indicateur de climat observé et un indicateur de climat de référence. Plus il est élevé, plus l’hiver est froid. Les données 2023 d’émissions sont une estimation préliminaire.
Champ : France métropolitaine et les outre-mer appartenant à l’UE.
Sources : Format Secten – Citepa, 2024 ; SDES, d’après Météo-France


Si l’on réintègre les émissions indirectes générées par la production d’électricité et de chaleur commercialisée (émissions comptabilisées dans l’industrie de l’énergie pour les inventaires) dans les émissions de GES du secteur résidentiel, ces dernières restent nettement orientées à la baisse. En effet, la contribution de l’électrification à la baisse des émissions reste forte car la production d’électricité est peu émettrice en France (nucléaire, hydraulique) : en 2019, dernière année de référence avant la crise sanitaire, l’électricité représente 34 % de la consommation énergétique résidentielle mais seulement 14 % des émissions totales (directes et indirectes).

La stratégie nationale bas-carbone (SNBC) a fixé un plafond d’émissions annuelles de 78 Mt CO2 éq pour le secteur des bâtiments, incluant leurs usages résidentiels mais aussi dans le cadre d’activités économiques tertiaires pour la période 2019-2023, largement respecté avec une moyenne de 70 Mt CO2 éq. Le projet de SNBC3 prévoit d’abaisser ces plafonds à 52 Mt CO2 éq par an en moyenne de 2024 à 2028 puis à 34 Mt de 2029 à 2033. La stratégie repose sur la décarbonation des énergies, la rénovation du parc immobilier et la sobriété énergétique.

Le chauffage au bois, principale source de pollution de l'air du secteur résidentiel

En 2024, le secteur résidentiel génère l’essentiel des émissions nationales d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP, 84 %), de particules de diamètre inférieur ou égal à 1 µm (PM1, 82 %) ou encore de dioxines et furanes (PCDD-F, 71 %). Cela est principalement dû au chauffage domestique qui est essentiellement au bois. Le brûlage de déchets verts, de câbles ou encore de véhicules représente aussi une part non négligeable dans les émissions de plusieurs polluants notamment les PCDD-F.

Entre 1990 et 2024, les émissions résidentielles ont diminué significativement grâce à l’amélioration des installations de chauffage au bois ainsi qu’à leur renouvellement, avec des baisses supérieures à 40 % sauf pour les HAP (- 26 %) et les PCDD-F (- 11 %). Les émissions de HAP ont diminué jusqu’en 2005 et ne suivent ensuite pas de tendance statistiquement significative.

Le secteur de la construction reste un émetteur limité. En 2024, il représente 15 % des émissions de particules totales en suspension (TSP) et 9 % des émissions de particules de diamètre inférieur ou égal à 10 µm (PM10) en lien avec la manutention des matériaux et 6,2 % des émissions de composés organiques non méthaniques (COVNM).


Part des activités du résidentiel dans les émissions nationales de quelques polluants en 2024
En %

© SDES

Notes : les données de 2024 sont une estimation préliminaire ; le périmètre du secteur résidentiel présenté ici n'inclut pas la construction de logements, les réseaux de chaleur, le chauffage électrique et le traitement centralisé des déchets domestiques.
Champ : France métropolitaine.
Source : Citepa, format Secten, avril 2025

statistiques.developpement-durable.gouv.fr

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