La fonte de ces tonnes de glace est "désormais responsable d'environ un quart de l'élévation mondiale du niveau de la mer", selon l'étude publiée dans la revue Scientific Data et consultée par franceinfo mercredi.
Les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique ont perdu 11 300 milliards de tonnes de glace entre les années 1970 et 2023, sous l'effet du réchauffement climatique, contribuant à une hausse de 3,14 cm du niveau des mers, selon une étude soutenue par l’Agence spatiale européenne (ESA) et la Nasa, dont franceinfo a eu connaissance mercredi 16 septembre. "À eux deux, le Groenland et l'Antarctique sont désormais responsables d'environ un quart de l'élévation mondiale du niveau de la mer", note l'étude, publiée dans la revue Scientific Data(Nouvelle fenêtre).
Menée dans le cadre du programme international IMBIE (Ice Sheet Mass Balance Intercomparison Exercise), cette étude réunit des spécialistes des régions polaires issus d'instituts du monde entier. Elle rassemble la plus longue série de données satellitaires jamais constituée sur l’évolution des deux calottes glaciaires. Avec plus de quarante années de données compilées, cette étude inédite montre que les pertes de glace se sont accélérées nettement à partir de 1990.
Un ralentissement des pertes de glace entre 2020 et 2023
"Les recherches ont révélé que le Groenland était responsable de 1,81 cm de cette élévation (du niveau de la mer), contre 1,33 centimètre pour l'Antarctique", relèvent les scientifiques. L'étude montre aussi que "84% de la perte totale de glace résultaient de l'accélération du déséquilibre dynamique des glaciers et du déversement accru de glace dans l'océan, tandis que 16% seulement étaient dus à la fonte en surface des calottes glaciaires".
Entre 2020 et 2023, les pertes de glace ont toutefois ralenti. "En Antarctique, des chutes de neige exceptionnellement abondantes sur la partie orientale du continent ont apporté suffisamment de glace pour compenser une partie des pertes subies par les glaciers situés ailleurs sur le continent. Au Groenland, une série d'étés relativement doux a considérablement réduit la fonte de surface, diminuant de moitié environ la quantité de glace perdue de cette manière", relatent les scientifiques.
Cependant, l'étude met en garde contre une interprétation trop rapide de ce ralentissement, qui correspond selon eux à des variations à court terme et non à un renversement de la tendance. Sur le long terme, les glaciers reculent et libèrent d'énormes quantités de glace dans nos océans. "Une élévation du niveau de la mer d'un peu plus de trois centimètres peut sembler dérisoire, mais elle expose six à neuf millions de personnes supplémentaires aux risques d'inondation côtière et d'érosion", rappelle Andrew Shepherd, fondateur de l'IMBIE et directeur de l'École de géographie et de sciences naturelles de l'université de Northumbria (Royaume-Uni).