L'un des freins à l'achat d'une voiture électrique concerne la recharge, surtout quand on vit en copropriété. Le gouvernement a mis en place un système d'aide pour inciter les immeubles à s'équiper.
Dans la course à la décarbonation, la voiture individuelle est une question centrale. Elle représente plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports, qui est lui-même le plus gros émetteur(Nouvelle fenêtre).
Alors que la voiture électrique représente plus de 95% des immatriculations de véhicules neufs en Norvège, elle concerne près d'un achat sur trois sur le marché du neuf en France. Selon les derniers chiffres gouvernementaux, début 2025, les véhicules électriques ou hybrides représentaient 5% des 40 millions de voitures immatriculées en France. Mais les ventes sont en nette progression, ces derniers mois, même si les automobilistes ont encore parfois des réticences, à cause de la recharge.
L'installation dans les copropriétés
Cette copropriété parisienne de 300 logements dispose de son propre parking, au sous-sol. Elle a voté l'installation d'une infrastructure de recharge électrique en 2023. "Tous les chemins de câbles vont vers les armoires électriques, montre un résident, qui sont connectées au réseau public de distribution."
Au fond du parking, l'armoire électrique fixée au mur est le cœur du système. "C'est l'armoire de pilotage", explique Céline Winant-Pateron, du prestataire Zeplug, chargé de l'installation et de la gestion.
"Quand une copropriété est conventionnée avec Zeplug, on va demander à Enedis d'installer un compteur qui sera dédié aux bornes, qui sera complètement indépendant des parties communes."
Céline Winant-Pateron, du prestataire Zeplug
à franceinfo
"Ce compteur dédié aux bornes va être relié à notre armoire de pilotage, qui permet de savoir quelle borne consomme quoi", précise Céline Winant-Pateron.
L'aide publique Advenir
Or toute cette installation lourde, qui permet d'apporter l'infrastructure électrique commune dans le parking, n'a rien coûté à la copropriété. Normalement, il faut compter autour de 25 000 à 30 000 euros. "C'est permis par une combinaison des aides de l'État que je représente", explique Ludovic Coutant, directeur du programme d'aides publiques à l'électrification Advenir, "qui finance 50% de ces équipements en subventions, et avec des mécanismes de préfinancements qui vont prendre le relais sur les 50% restant." Il s'agit d'un programme de la Caisse des dépôts, qui récupère une partie des sommes avancées dans les contrats commerciaux qui s'ensuivent.
Le système n'est donc pas totalement gratuit. Et au-delà de l'infrastructure commune à tout le parking, chaque propriétaire d'emplacement choisit ensuite d'avoir une borne de recharge individuelle ou non. C'est là que ça devient payant, explique Céline Winant-Pateron : "Le principe de cette installation est que ceux qui n'ont pas besoin de borne ne payent rien. C'est uniquement au moment où la personne va demander une borne qu'elle va payer, d'abord la borne et l'installation - aujourd'hui, nos prix commencent à 599 euros - et ensuite chaque mois. Ils vont payer un abonnement - qui commence à 4,90 euros puis 14,90 euros par mois - et leur consommation."
"Au total, en 2025, on estime que nos consommateurs, nos clients, ont gagné 714 euros dans l'année, grâce à leur passage au véhicule électrique."
Céline Winant-Pateron du prestataire Zeplug
à franceinfo
Pour recharger sa voiture, Guillemette, une habitante de l'immeuble, confie sa satisfaction depuis que son foyer s'est équipé d'une berline familiale électrique : "On avait une voiture thermique et on voulait changer de voiture, pour des raisons écologique et économique. J'avais des petites réticences à cause de la recharge, mais je suis ravie parce qu'avec une borne, elle se fait sans prise de tête. C'est clairement économique car ça recharge en heures creuses. Ça nous revient à 6 euros pour être à 100%."
Un délai assez long
Depuis le début de l'année et le déclenchement de la guerre en Iran, qui a fait monter les prix des carburants, la demande est en forte hausse. L'opérateur Zeplug est passé de 500 à 1 000 demandes par semaine.
Il faut tenir compte des délais nécessaires pour qu'Enedis installe le compteur dédié dans le parking, c'est-à-dire 6 à 8 mois après le vote en assemblée générale.
Et puis l'aide publique Advenir n'est ni éternelle, ni illimitée : elle doit s'arrêter fin 2027, voire plus tôt si son enveloppe de 520 millions d'euros est consommée avant. Personne ne sait si elle sera reconduite.