La Newsletter d'Hugo Clément

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13/02/2026

Une bâche de près de deux kilomètres de long installée en forêt de Dreux crée la polémique en Eure-et-Loir. Cette semaine, notre journaliste Kim Vaillant revient sur ce dispositif déployé lors des chasses à courre et très contesté par les associations de défense des animaux.

Depuis plusieurs semaines, une installation pour le moins inhabituelle suscite la polémique dans la forêt domaniale de Dreux, en Eure-et-Loir. Lors de certaines journées de chasse à courre, d’immenses bâches en plastique, longues de près de deux kilomètres, sont suspendues à un câble à environ trois mètres de hauteur. Des images diffusées par l’association Abolissons la Vénerie Aujourd’hui (AVA) montrent un véritable rideau artificiel découpant le massif forestier.

Cette installation a été mise en place à la demande de l’équipage de chasse à courre local, et validée juridiquement par l’Office français de la biodiversité (OFB), puis autorisée à titre expérimental par l’Office national des forêts (ONF). Elle est présentée par les autorités comme une mesure de sécurité destinée à limiter les sorties de gibier vers les habitations et les routes les jours de chasse à courre. Mais les associations de protection animale y voient plutôt un outil destiné à empêcher la fuite des animaux traqués.

Les jours de chasse à courre, ce rideau d’1,7 kilomètre est déployé dans la forêt domaniale de Dreux. © AVA FranceLes jours de chasse à courre, ce rideau d’1,7 kilomètre est déployé dans la forêt domaniale de Dreux. © AVA France

Pour l’association AVA, l’objectif de cette bâche ne fait aucun doute. Elle servirait à “empêcher tout animal de s’enfuir” et pourrait, à terme, être reproduite ailleurs en France. L’association affirme qu’au moins trois cerfs auraient été tués depuis sa mise en place, conséquence directe de ce qu’elle qualifie de “stratagème odieux”“Les animaux paniqués font soit demi-tour directement vers la meute qui les poursuit, soit longent désespérément la bâche”, explique Stanislas Broniszewski, contacté par Vakita.

De leur côté, les défenseurs du dispositif mettent en avant son caractère légal et temporaire. Dans un communiqué, l’Office national des forêts assure que ce rideau souple, baptisé dispositif BOMA, “n’est ni un piège ni une fermeture de la forêt. Il ne capture pas les animaux et n’entrave pas leur mobilité”, son effet étant “strictement visuel et temporaire”. L’objectif, selon l’ONF, est de “canaliser les trajectoires” du gibier lors des journées de chasse.

L’Office précise que cette expérimentation est limitée à 20 journées, entre le 15 novembre et le 31 mars, et que le rideau est systématiquement replié en fin de journée afin de “restituer le paysage forestier”.

Une pétition demande le retrait de la bâche

Dans son communiqué, l’ONF précise que l’installation a été autorisée “à titre expérimental” afin “d’évaluer objectivement ses effets sur la gestion des populations de grands ongulés, sur le comportement de la faune, mais aussi sur son acceptabilité sociale auprès des usagers et des acteurs du territoire”. Une justification jugée insuffisante par l’association AVA, qui a lancé une pétition ayant déjà rassemblé près de 40 000 signatures.

L’association réclame le retrait immédiat du dispositif et reproche à l’ONF ainsi qu’aux autorités d’avoir validé cette installation sans véritable concertation avec les citoyens et les usagers de la forêt. De son côté, l’ONF estime que les résultats de l’expérimentation permettront “d’alimenter la réflexion sur l’évolution des pratiques de gestion cynégétique en forêt domaniale”.

AVA a lancé une pétition pour demander le retrait immédiat de la bâche. © FBBAVA a lancé une pétition pour demander le retrait immédiat de la bâche. © FBB

Cette expérimentation intervient dans un climat de tensions croissantes autour de la cohabitation entre les usages de la forêt et les pratiques de chasse, régulièrement marquées par des accidents en France. Si les autorités invoquent un objectif de sécurité, les associations estiment au contraire que ce dispositif pénalise davantage les animaux poursuivis et révèle une conception biaisée de la sécurité, au service d’une gestion forestière orientée vers une pratique jugée archaïque.

Une critique qui s’inscrit dans un rejet global de la chasse à courre, puisque 72 % des Français seraient favorables à son abolition, selon un sondage de 2025 commandé par la Fondation Brigitte Bardot à l’IFOP.

1 - La “loi Duplomb” est de retour

Le sénateur LR Laurent Duplomb, coauteur de la loi éponyme partiellement censurée en août dernier, revient à la charge. Il a déposé ce lundi une nouvelle proposition de loi au Sénat visant à réautoriser certains néonicotinoïdes, dont l’acétamipride, interdit en France depuis 2018, ainsi que le flupyradifurone. Les cultures de betteraves, de noisettes, de pommes et de cerises seraient concernées. Dans une interview accordée au média Terres et Territoires, l’élu a expliqué vouloir “régler le problème de la surtransposition française” qui placerait, selon lui, les agriculteurs français dans une situation de “concurrence totalement déloyale” face à d’autres pays européens.

Pour rappel, le Conseil constitutionnel avait censuré le 7 août dernier la disposition la plus controversée de la loi Duplomb, qui prévoyait la réintroduction sous conditions de l’acétamipride. L’institution avait estimé que, “faute d’encadrement suffisant”, cette mesure contrevenait au cadre fixé par la Charte de l’environnement. La loi avait par ailleurs déclenché une forte mobilisation citoyenne, avec une pétition réclamant son abrogation totale qui a dépassé les deux millions de signatures.

2 - Mascottes des JO d'hiver de 2026, les hermines sont en train de disparaître des Alpes

À quelques jours de l’ouverture des Jeux olympiques d’Hiver de Milan, leurs mascottes Tina et Milo, deux hermines, sont partout. Mais si ce petit mammifère est un véritable symbole de la faune alpine, il joue aussi sa survie face au changement climatique. Ce discret carnivore passe d’un pelage brun en été à blanc en hiver, pour se fondre dans la neige. Seulement, avec la diminution de l’enneigement, ce camouflage naturel devient un handicap, la rendant plus visible pour ses prédateurs, notamment les buses ou les renards.

Selon une étude publiée fin 2024 dans l’International Journal of Climatology, la couverture neigeuse dans les Alpes italiennes a diminué de moitié au cours du dernier siècle. © Varesenoi & Parc national des ÉcrinsSelon une étude publiée fin 2024 dans l’International Journal of Climatology, la couverture neigeuse dans les Alpes italiennes a diminué de moitié au cours du dernier siècle. © Varesenoi & Parc national des Écrins

“L’hermine se retrouve en décalage en étant complètement blanche dans un monde qui devrait l’être mais ne l’est plus”, alerte Marco Granata, doctorant à l’Université de Turin, à l’AFP. Pour survivre, les hermines sont donc poussées à gagner en altitude afin de trouver de la neige, mais elles rencontrent un autre problème : leurs proies restent majoritairement à des niveaux plus bas. Selon Marco Granata, l’habitat de l’hermine pourrait diminuer de 40 % d’ici 2100 dans les Alpes italiennes. Alors son rôle de mascotte aux JO pourrait-il servir de signal d’alarme et renforcer l’attention portée à sa conservation ?

3 - Au moins 200 morts en RDC après l’effondrement d’une mine de coltan

Un important glissement de terrain a eu lieu ce mercredi 28 janvier sur le site minier de coltan de Rubaya, dans l’est de la République démocratique du Congo. D’après des informations communiquées par les forces rebelles qui contrôlent la zone et reprises par le gouvernement, plus de 200 personnes y auraient péri. Après de fortes pluies, un vaste pan de colline se serait décroché, avant qu’un nouveau glissement de terrain ne se produise le lendemain matin. Des femmes, des enfants et des mineurs artisanaux travaillant dans ces mines figurent parmi les victimes, selon la BBC.

Le coltan extrait sur ce site est un minerai essentiel à la fabrication d’équipements électroniques comme les smartphones ou les batteries électriques. Les mines de Rubaya concentrent à elles seules entre 15 et 30 % de la production mondiale de coltan, tandis que l’est de la RDC détient environ 60 % des réserves mondiales. Cette catastrophe rappelle un précédent drame survenu à Kolwezi (RDC) en novembre 2025, où l’effondrement d’un site minier avait déjà fait plus d’une trentaine de victimes.

Un ancien superviseur de la mine a confié à la BBC que “le site n'était pas correctement entretenu, ce qui augmentait le risque d'accidents et entravait les efforts de sauvetage lorsqu'ils se produisaient”. © Global WitnessUn ancien superviseur de la mine a confié à la BBC que “le site n'était pas correctement entretenu, ce qui augmentait le risque d'accidents et entravait les efforts de sauvetage lorsqu'ils se produisaient”. © Global Witness

1 700 milliards d’euros

C’est ce que pourrait coûter la pollution aux PFAS à l’Union européenne d’ici à 2050. Ce chiffre provient d’un rapport commandé par la Commission européenne, publié le 29 janvier. Il établit plusieurs scénarios concernant le poids économique des substances per- et polyfluoroalkylées selon leur diffusion dans l’environnement et l’évolution des règles les encadrants. Résultat, la facture totale oscillerait entre 330 et 1 700 milliards d’euros d’ici le milieu du siècle, afin de couvrir les opérations de dépollution et les coûts liés à la prise en charge médicale des populations exposées. 

Utilisées pour leurs propriétés antiadhésives et imperméabilisant, ces substances sont omniprésentes : ustensiles de cuisine, textiles, emballages alimentaires... Surnommés “polluants éternels”, les PFAS s’accumulent dans les sols, l’eau et les organismes vivants de manière extrêmement persistante. À tel point qu’en 2050, près d’un Européen sur six, soit environ 76,5 millions de personnes, pourrait présenter des niveaux élevés de contamination, augmentant ainsi le risque de développer des maladies associées aux PFAS. Reste une question centrale : qui paiera pour les dégâts déjà causés ?

Des associations plaident pour une application stricte du principe pollueur-payeur afin de financer ce chantier. © Pexels

Des associations plaident pour une application stricte du principe pollueur-payeur afin de financer ce chantier. © Pexels

🎬 À voir : L’appel du silence de l’ultra-traileur Mathieu Blanchard

600 kilomètres. Le froid polaire. Le silence comme seul compagnon. En février 2025, l’ultra-traileur Mathieu Blanchard s’élance dans l’une des courses les plus extrêmes de la planète : la Yukon Arctic Ultra. Mais son objectif n'est pas de gagner. C'est une plongée dans l'inconnu qu’il retrace dans un film puissant et contemplatif.

Ce documentaire n’est pas un film de performance sportive. C’est une traversée intérieure. Inspiré de L’Appel de la forêt de Jack London, Mathieu marche sur les traces de Buck, ce chien redevenu sauvage, et s’éloigne peu à peu de l’image maîtrisée qu’on lui connaît. Le froid, l’épuisement, l’isolement font tomber les masques. Les terres glacées du Yukon esquissent alors une autre idée de la survie, fondée sur la résilience, l’écoute et le lien au vivant.

📍 Dates de la tournée avant-premières (lien de la billetterie) :

  • Paris, Grand Rex : 8 mars

  • Bordeaux, CGR : 9 mars

  • Toulouse, CGR : 10 mars

  • Lyon, Amphi 3000 : 11 mars

  • Annecy, Pathé : 12 mars

  • Lausanne, Salle Métropole : 13 mars (ouverture prochainement)

Cette newsletter a été préparée par Axel Roux et Kim Vaillant

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