Présentés comme une solution à la fois économique et moins émettrice de CO2, les pellets séduisent de plus en plus de ménages français. Mais l'investissement initial important, certaines contraintes d'utilisation et des questions environnementales freinent son développement.
Quelle énergie choisir pour sortir du fioul ou du gaz ? Beaucoup de Français se posent cette question en ce moment, que ce soit pour alléger leur facture ou pour réduire leur empreinte carbone. Parmi les réponses possibles, il existe les granulés de bois, appelés aussi "pellets". Environ deux millions de foyers en sont aujourd'hui équipés, contre 200 000 il y a une quinzaine d'années.
Jean-François fait partie des convertis. Il nous emmène au sous-sol de sa maison de 130 m² à Créteil, près de Paris. "Voilà la bête, montre Jean-François. La chaudière au fuel qu'on avait avant était un peu plus petite, mais globalement, ce n'est pas quelque chose qui prend énormément de place." Depuis un an, Jean-François utilise les granulés de bois pour se chauffer mais aussi pour produire son eau chaude. À côté de la chaudière, il y a un grand silo, comme un énorme sac en toile épaisse qui repose sur une structure métallique. "Celui-ci peut accueillir 3,5 tonnes de granulés, il mesure deux mètres de long sur 1,60 mètre de large", décrit Jean-François.
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Jean-François devant sa chaudière à bois. (MARINA CABITEN / RADIO FRANCE)
L'installation se pilote depuis une application et pour les commandes de granulés, deux fois par an, Jean-François utilise un groupe WhatsApp pour organiser des livraisons communes avec des voisins. "On fait déplacer un camion de 15 tonnes, on groupe le prix, explique-t-il. La différence est tout à fait avantageuse sur le granulé par rapport au fuel, mais lorsqu'on est en plus capable de grouper les commandes, on a encore une remise sur le prix du granulé."
"Il faut vraiment étudier son logement par rapport au système de chauffage"
En abandonnant le fioul mais aussi son ballon électrique, Jean-François a fait passer sa facture de 3 000 à 2 000 euros par an, après un investissement de 25 000 euros. C'est son chauffagiste Julien Gérard qui lui a fait découvrir ce mode de chauffage. "Ce n'est pas le système de chauffage le plus connu, c'est bien dommage d'ailleurs, déplore Julien Gérard. On a davantage entendu parler des pompes à chaleur où il y a le plus d'aides. Pourtant, les pompes à chaleur ne sont pas forcément la meilleure solution pour chaque logement. Il faut vraiment étudier son logement par rapport au système de chauffage. En tout cas, on a une forte demande en ce moment."
Les Français sont nombreux à se renseigner mais peu d'entre eux finissent par s'équiper. Le secteur accuse le gouvernement de lui confisquer sa part du gâteau de la transition énergétique : d'abord avec la suppression fin 2025 des aides MaPrimRénov pour le chauffage au bois, et maintenant en présentant la pompe à chaleur comme une solution universelle. "On voit que l'on remet en route toutes les centrales nucléaires et que l'on a le sentiment qu'aujourd'hui, pour garantir une consommation de toutes ces centrales nucléaires, il faudrait que les Français consomment de l'électricité, estime Nicolas Germon, directeur de la a société Hargassner, une marque de chaudière à granulés. Mais à côté de ça, il y a plein de consommateurs qui aujourd'hui n'ont pas les moyens de se chauffer à l'électricité. L'énergie la moins chère aujourd'hui, qu'on le veuille ou non, c'est le bois-énergie."
Mais le chauffage aux pellets a ses limites : il faut vider les cendres, faire attention aux conditions de stockage pour ne pas risquer une intoxication au monoxyde de carbone, et puis son bilan environnemental est à nuancer. Il émet moins de CO2 que le fioul ou le gaz, mais il rejette quand même des particules fines et s'il devient de plus en plus populaire, produire les granulés pourrait accroître la pression sur les forêts.