La COP17 sur la biodiversité s'est ouverte lundi en Arménie. Moins connue que la COP Climat, elle attire cependant de plus en plus de participants face à une prise de conscience des enjeux.
Il faut "essayer de sauver ce qu'il y a à sauver sur la biodiversité", lance jeudi 22 octobre sur France Inter(Nouvelle fenêtre) Barbara Pompili, ambassadrice française déléguée à l'environnement. L'ancienne ministre de la Transition écologique reconnaît que cette Conférence des parties 17 (COP) sur la biodiversité, qui se tient en ce moment à Erevan, en Arménie, reste "moins connue" que la "COP Climat", mais elle remarque que "certains pays qui n'étaient pas là" sont désormais "là parce qu'ils se rendent compte que ce qui s'y passe a des conséquences chez eux, y compris d'un point de vue économique". "Il faut le prendre positivement", explique Barbara Pompili.
Il y a quatre ans, à Montréal, un accord historique a été conclu lors de la dernière COP biodiversité, avec la signature d'un accord fixant l'objectif dit "30x30", qui vise à placer 30% des terres et des océans en zones protégées d'ici à 2030. Quatre ans plus tard, l'ambassadrice française à l'environnement tire un premier bilan. "On a énormément de pays qui ont fait ce travail d'évaluation, ce travail de mise en place des outils qui ont été prévus pour pouvoir justement mettre en place des politiques qui sont efficaces pour lutter contre la perte de biodiversité. Il y a le verre à moitié vide, le verre à moitié plein, mais ce que je vois, c'est qu'il y a un vrai engagement."
"Il faudrait 200 milliards de dollars par an"
Aujourd'hui, elle salue les 20 milliards de dollars mis sur la table chaque année par les pays développés pour la protection de la biodiversité. "L'objectif est atteint, mais on est très loin du compte de ce qu'il faudrait puisque, aujourd'hui, il faudrait 200 milliards de dollars par an" pour réussir "à faire avancer" les choses, explique Barbara Pompili.
"Il faut aussi réduire d'au moins 500 milliards de dollars par an les subventions néfastes à la biodiversité."
Barbara Pompili, ambassadrice française déléguée à l'environnement
sur France Inter
L'ambassadrice de la France pour l'environnement lance un appel "aux grands émergents", qui "peuvent clairement aider". "On a le besoin d'attirer le secteur privé, les investissements privés, puisqu'ils sont aussi des sources précieuses de financements, mais pour ça, je crois qu'on doit travailler aussi sur ce qu'on appelle la planification écologique." "Vous ne pouvez pas, d'un côté, protéger une forêt et puis, de l'autre côté, exploiter une mine dans de très mauvaises conditions. Il faut qu'on mette en cohérence nos politiques", conclut Barbara Pompili.