Le tribunal administratif de Marseille reconnaît dans son jugement que les rejets d'eau douce par la centrale électrique de Saint-Chamas ont bien un impact sur la faune et la flore de l'étang de Berre.
Dans les Bouches-du-Rhône, EDF et l'État ont été condamnés pour préjudice écologique, une première historique pour l'étang de Berre, rapporte ICI Provence vendredi 13 mars(Nouvelle fenêtre). Les rejets d'eau douce par la centrale électrique de Saint-Chamas depuis 1966 ont bien un impact sur la faune et la flore de l'étang de Berre, reconnaît le tribunal administratif de Marseille dans son jugement rendu mercredi, consulté par ICI Provence.
"C'est une belle victoire", réagit auprès d'ICI Provence Florent Tizot, l'avocat de l'association L'Étang nouveau qui a saisi le tribunal administratif. "Il faut trouver une solution pérenne pour que l'étang de Berre puisse encaisser le réchauffement climatique et surtout retrouver son état écologique d'avant l'ouverture de la centrale", ajoute-t-il.
L'avocat reconnaît malgré tout rester "un peu sur [sa] faim", car le tribunal n'ordonne pas de remise en l'état de l'étang et ne prononce aucune indemnité. L'association demandait 200 000 euros à l'État et EDF pour le préjudice. "Le juge considère qu'à l'issue de la médiation pénale en 2023, qui n'est pas une condamnation, de nouvelles mesures ont été adoptées et donc le juge prend le temps de voir si les nouvelles modalités de rejets vont permettre à l'étang de se régénérer ou pas", précise Florent Tizot.
Depuis 1966, la centrale électrique rejette de l'eau boueuse dans l'étang d'après les relevés de l'association environnementale. "Par endroit, la quantité de boue accumulée peut atteindre trois mètres. Sachant que l'étang faisait jusqu'à neuf mètres de profondeur", regrettait en février dernier sur ICI Provence Jean-Luc Platon, le président de L'Étang nouveau, qui qualifie l'Étang de Berre de "quasi mort", avec une faune et flore en grande partie disparues.