En Pays de Langres, le transport Ă  la demande remplace les bus

En Pays de Langres, le transport Ă  la demande remplace les bus

14/01/2026

đźš™ Direction le Pays de Langres, avec un “truc qui marche” qui a durablement changĂ© la mobilitĂ© et donc la vie de milliers d’habitants. 

Ce territoire est confrontĂ© Ă  de grands enjeux de mobilitĂ©. Dans ce bassin de vie qui compte deux fois moins d’habitants que le Xème arrondissement de Paris alors qu’il est 800 fois plus grand, une partie de la population et en particulier les plus vulnĂ©rables (les personnes âgĂ©es, les jeunes, ceux qui n’ont pas les moyens d’avoir une voiture) est captive de son environnement. Captive parce que pour accĂ©der aux services de santĂ©, aux commerces, Ă  un emploi mais aussi aux loisirs, il faut parfois faire plus de 25 kilomètres. Dans ces campagnes et depuis la rĂ©organisation complète des modes de vie, la mobilitĂ© est plus que jamais devenue sujet de libertĂ© ou de condamnation.

🚌 15 lignes de bus roulaient Ă  vide

« Pendant des annĂ©es, on a eu des lignes de bus. Ils passaient une fois par semaine dans nos villages, un système imaginĂ© dans les annĂ©es 1960. Â» avance Sylvie Baudot, Ă©lue locale Ă  l’initiative de ce projet portĂ© par le PETR (PĂ´le d’équilibre territorial et rural) du Pays de Langres. Sauf qu’en 60 ans, tout a changĂ© : les habitudes de consommation, les besoins et mĂŞme le territoire. Â« Ce qui fait que ces bus, qui avaient le mĂ©rite d’exister, tournaient Ă  vide. Ă€ vide  ! Â». Les Ă©lus de ce territoire situĂ© au nord de la Bourgogne ne se faisaient plus d’illusion sur leur manque d’attractivitĂ© : les bus ne roulaient qu’une fois par semaine vers des itinĂ©raires fixes et des horaires peu arrangeantes, il fallait parfois marcher plusieurs kilomètres depuis chez soi pour aller Ă  l’arrĂŞt de bus, les marches suffisamment hautes pour accĂ©der aux bus dissuadaient les personnes en difficultĂ© physique…

🎪 Le lundi 17 novembre, la FĂ©dĂ©ration Française des Trucs qui Marchent dĂ©barque au Cirque d'Hiver Bouglione pour la quatrième Ă©dition de sa soirĂ©e dĂ©diĂ©e aux initiatives locales portĂ©es par les Ă©lus. 🎟️ Prenez votre place en cliquant ici.

🙋‍♀️ La dĂ©couverte du transport Ă  la demande

C’est avec un certain flair que Sylvie a montĂ© une dĂ©lĂ©gation d’élus du territoire : Â« Nous avons pris notre bâton de pèlerin pour aller voir ce qu’il se faisait dans d’autres territoires très ruraux. La solution ne se trouvait pas très loin de la Haute-Marne puisque c’est dans le Jura, Ă  Baume-les-Dames, que nous avons dĂ©couvert ce système de transport Ă  la demande avec un centre d’appel pour rĂ©server ses trajets. Â» Le dĂ©clic est nĂ© Ă  ce moment-lĂ  et les Ă©lus allaient tous se battre pour dupliquer ce « truc qui marche Â» en Pays de Langres. Sauf qu’il y a quinze ans, vouloir supprimer ces bus historiques paraissait comme un recul considĂ©rable en matière de service public, mĂŞme s’ils Ă©taient peu utilisĂ©s.

« Ă‡a n’a pas Ă©tĂ© une mince affaire de convaincre les diffĂ©rents partenaires. Au dĂ©but, nous Ă©tions plusieurs Ă  aller prĂ©senter le dossier. Au bout de la septième fois, je n’avais plus personne autour de moi, j’étais seule Ă  encore porter ce projet… Â» Ă€ force de dĂ©termination, Linggo est nĂ© en 2008.

đźš— Ils remplacent 15 bus par 15 voitures

Ce transport à la demande, qui a mis au garage 15 bus polluants et bruyants, permet grâce à 15 véhicules de 5 à 9 places de réserver un trajet, par téléphone ou sur internet pour aller :

  • vers les gares (Culmont-Chalindrey ou Langres),

  • vers les bourgs centres avec des services et des commerces,

  • vers Langres et Saints-Geosmes.

Comment on sait que c’est un « truc qui marche Â» ? Parce que ça permet aux gens d’aller faire leurs courses, d’accĂ©der Ă  des services, de voir leurs amis. Les seniors n’ont plus besoin de tout se faire livrer, ils reprennent plaisir d’aller en autonomie faire le marchĂ©. Parce que ça permet aussi de limiter le nombre de voitures sous-utilisĂ©es par foyer. Parce que ça permet mĂŞme de se dĂ©placer facilement vers les gares pour rejoindre sa famille ou ses amis dans les mĂ©tropoles alentours. 

« Au dĂ©but on a fait peur Ă  tout le monde mais aujourd’hui les retours sont unanimes. Linggo c’est 12.000 trajets. On est passĂ© d’une journĂ©e de desserte Ă  quatre journĂ©es, avec des publics très diffĂ©rents. Â» conclut Sylvie Baudot, fière de voir son « bĂ©bĂ© Â» rendre service Ă  tout un territoire.

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