Les candidats doivent poursuivre la transition écologique dans leur commune. C'est le message qui ressort de l'enquête Ifop menée pour le Réseau Action Climat (RAC) et le Secours catholique–Caritas France, quant au regard des Français sur la transition écologique et sociale à l'approche des élections municipales.
1 004 Français et 1 050 habitants français des quartiers populaires (QPV) ont répondu à un questionnaire en ligne, entre le 3 et le 15 décembre dernier, dans le cadre de cette enquête. « Les résultats de ce sondage sont sans ambiguïté : les Français, et plus encore les habitants des quartiers populaires, apportent un fort soutien aux leviers d'action municipaux pour la transition écologique et attendent des candidats aux municipales qu'ils s'engagent clairement en la matière », mentionne Daphné Chamard-Teirlinck, responsable du département transition écologique juste pour le Secours catholique-Caritas France.
Comment expliquer l'attachement des Français à la transition écologique ? Une des pistes se trouve potentiellement dans leur confrontation aux effets du changement climatique. Ils sont 58 % à déclarer les avoir constatés ces dernières années, une proportion qui grimpe à 66 % chez les habitants français des QPV. Dans le détail, 72 % des sondés indiquent avoir constaté la baisse de l'enneigement, 72 % évoquent la multiplication des épisodes extrêmes, toujours 72 % constatent l'augmentation des vagues de chaleur et 71 % ont observé une hausse des températures sur l'ensemble de l'année. D'ailleurs, en moyenne, 54,5 % des sondés (1) estiment que leur commune est mal préparée aux impacts du changement climatique. Ce qui peut expliquer pourquoi plus de six électeurs sur dix (63 %) se disent « gênés » à l'idée de voter, aux municipales, pour un candidat qui reviendrait sur les politiques écologiques déjà mises en œuvre dans leur commune.
« Le retour en arrière sur les politiques de transition déjà engagées devient une ligne rouge, souligne Clara Sannicolo, responsable climat et territoires au RAC. Ce sondage doit agir comme un signal d'alarme pour les candidats : une majorité de Français, que leur intention de vote se porte à gauche ou à droite, se dit prête à sanctionner des candidats qui proposeraient des reculs sur la transition écologique juste dans leur commune, y compris dans les quartiers populaires. Ceux-ci ont donc tout intérêt à s'engager pour des politiques environnementales ambitieuses et intégrant les enjeux sociaux face à la réalité du changement climatique vécue au quotidien », ajoute-t-elle.
Enfin, contrairement à l'idée reçue d'une transition vécue comme une ponction sur le budget des ménages, les sondés ont perçu plusieurs mesures comme favorables aux finances personnelles. « La transition n'est donc pas seulement acceptée : elle est aussi, pour beaucoup, jugée rentable », énonce l'étude. Les chiffres parlent d'eux-mêmes, plus d'un sondé sur deux estime qu'il faut poursuivre la transition, quitte à augmenter les investissements municipaux.
1. 57 % des habitants français des QPV et 52 % des Français.