La Mutualité sociale agricole (MSA) fait face à une crise structurelle qui touche « bon nombre de filières », aggravée par la sécheresse et responsable d’un mal-être chez les travailleurs.
a crise du métier d’agriculteur est loin d’être finie. Confrontée à une situation « structurelle pour nombre de filières », la Mutualité sociale agricole veut davantage aller à la rencontre de ses adhérents, a indiqué mardi son président. En plus du mal-être des agriculteurs, cet équivalent de la Sécu pour l’agriculture doit aussi faire face à une multiplicité des crises depuis plusieurs mois.
Par le passé, « on a eu des crises conjoncturelles pour certaines filières, mais d’autres étaient plus dynamiques, a rappelé lors d’un point presse Jean-François Fruttero, président de la MSA, équivalent de la Sécu pour le monde agricole. Aujourd’hui, les difficultés sont structurelles, avec bon nombre de filières touchées de façon importante. » Et ce phénomène a été aggravé par « l’été qu’on vient de vivre ». Quasiment tous les secteurs de l’agriculture ont souffert des vagues de chaleur et de la sécheresse : l’élevage (qui entame dès l’été ses réserves de fourrage pour l’hiver), la vigne, une partie des grandes cultures ou encore le maraîchage.
Des aides financières et des dispositifs de prévention
« Nous sommes dans le cœur de la crise et nous n’en sommes pas sortis », a renchéri la directrice générale Anne-Laure Torrésin. Elle craint une aggravation du « sentiment de mal-être » et d'« impuissance » des agriculteurs à la fin de l’automne, début de l’hiver, « lorsque le gros des travaux sera terminé ».
Il s’agit de « faire face ensemble » et, pour la MSA, d' « aller vers » ses adhérents, indique Jean-François Fruttero. L’organisme s’est fixé pour objectif « 200.000 contacts » auprès de ses adhérents, soit dix fois plus qu’en 2025, dont les nouveaux installés, les travailleurs des filières les plus fragilisées, etc. La « veille territoriale » permise par ses 13.000 élus bénévoles et ses 15.000 salariés sera mobilisée « pour faire savoir tout ce que la MSA propose », a précisé François Serpaud, vice-président.
Outre les aides financières (prise en charge de cotisations sociales, aménagement des échéanciers etc.), la MSA compte plusieurs dispositifs de prévention du mal-être (aide au répit, Agri’écoute, réseau des « sentinelles » etc.), peu à peu développés depuis 2011, lorsqu’a émergé le phénomène du suicide des agriculteurs, jusqu’alors passé sous silence. Ces dispositifs s’adressent à tous les assurés (pas seulement les exploitants ou leurs salariés mais aussi les familles et les retraités). Parallèlement, le ministère de l’Agriculture vient de se doter d’un conseiller « en charge de la lutte contre le mal-être agricole », selon le Journal officiel de mardi.