À Beuzec-Cap-Sizun, l’une des plus vieilles éoliennes de France, jusqu’alors détenue par un particulier, connaît une nouvelle vie qui profite aux habitants des environs.
Avec ses 64 mètres de hauteur et ses trois pals, elle domine la route entre Poullan-sur-Mer et Beuzec-Cap-Sizun, près des pointes du Millier et de Pors Peron. Cette éolienne isolée, qui fait cavalier seul depuis 2000, est à ce jour l’une des plus vieilles de France. C’était également l’une des premières à avoir une capacité de production d’1,5 MW.
Située dans la zone la plus venteuse de l’Hexagone, à deux pas des célèbres pointes du Van et du Raz (Finistère), et de Plogoff, où s’est tenue une véritable révolte contre l’installation d’une centrale nucléaire à la fin des années 1970, cette vigie est aussi l’une des rares à avoir été achetée, assemblée et exploitée par une famille de particuliers.
« J’ai essayé de poursuivre le projet de mon père, mais je n’y connaissais rien »
« Cette éolienne était le projet de mon père, Ian, raconte John Leboucher. À la mort de mes parents, j’ai essayé de poursuivre l’aventure, mais je n’y connaissais rien. J’ai continué à vendre de l’électricité (à quelque 500 foyers du secteur, NDLR), mais au fil du temps, je n’ai pas su me mettre à jour des réglementations, toujours plus strictes et nombreuses – car l’éolien n’a pas toujours la cote par chez nous ».
Un prix calculé en fonction de la force du vent
Hors service depuis fin 2023, elle a été rachetée par la jeune branche française du fournisseur d’énergie verte Octopus Energy (ex-Plume énergie, qui compte aujourd’hui 450 salariés). Depuis 2024, elle a bénéficié d’une remise en état technique complète, « pour prolonger sa durée de vie dans des conditions optimales, en totale conformité avec les exigences réglementaires », précise Christopher Renna, responsable production chez Octopus Energy. « Aujourd’hui, les éoliennes peuvent vivre 30 à 35 ans, et réhabiliter une éolienne est plus vertueux et moins coûteux qu’un démantèlement total avec remise en état du site ».
Après sa remise en route fin 2025, Octopus Energy a relevé un pari : mobiliser les habitants du territoire autour de cette éolienne et leur proposer une offre très alléchante : une utilisation de l’électricité fournie sur une zone alentour « de 20 % à 50 % moins chère, en fonction de la force du vent », témoigne, à Audierne, Jean-Claude Lieutard, l’un des premiers 100 clients bretons. Le fournisseur d’énergie en vise 500 à terme pour ce site.
Ces derniers peuvent profiter de cette offre innovante en France… mais uniquement dans le Cap-Sizun, sur les communes de Beuzec-Cap-Sizun, Goulien, Audierne, Pont-Croix, Confort-Meilars, Poullan-sur-Mer, Cléden-Cap-Sizun, Primelin, Plogoff, Plouhinec, et Mahalon. L’éolienne du père de John pourra ainsi poursuivre son œuvre en circuit court.